La gazette du BIFFF #4 : jumeaux incestueux, Grand guignol assassin, voltiges à la Matrix, thriller coréen et film controversé percutant et traumatisant, c’est clair on est bien au BIFFF !

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 35e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Ca y est la première semaine du BIFFF se termine déjà avec un week-end bien animé, puisque, outre la programmation quotidienne, ce samedi soir le Bal de Vampires a  lieu pour la première fois à Bozar. De quoi croiser quelques créatures inquiétantes dans les salles du festival. Malgré le retour du soleil, les biffeurs sont tout de même nombreux à être au rendez-vous des salles obscures où l’on frémit.

© Jean-Pierre Vanderlinden

Commençons ce tour d’horizon du week end avec le programme du samedi 7 avril.

Direction le Ciné 1 avec à 15h30 The Lodgers de Brian O’ Malley.

Synopsis : Irlande, fin des années 20. Dans une campagne quelconque qui attend désespérément l’arrivée de Michel Sardou pour chanter ses beaux lacs. Rachel et Edward sont deux jumeaux orphelins vivant seuls dans l’énorme manoir familial. La bâtisse est une véritable ruine, sentant la mérule jusqu’aux côtes anglaises ; et pourtant, nos deux jumeaux refusent de la quitter. Enfin, «refuser» est un bien grand mot quand on parle d’une malédiction familiale qui les piège entre ces quatre murs. Ladite malédiction est composée d’ailleurs de trois règles immuables : ils ne peuvent laisser entrer personne (exit donc les soirées pyjama), ils doivent impérativement être sous la couette avant minuit (exit les soirées pyjama, c’est confirmé !) et ils ne peuvent en aucun cas être séparés (mais sans potes et avant minuit, c’est vraiment et définitivement grillé pour les soirées pyjama). À la moindre incartade, les «locataires» qui rôdent dans les couloirs du manoir dès la nuit tombée viendront leur administrer une fessée apocalyptique… Si Edward n’a aucun mal à suivre le mode d’emploi, sa sœur commence doucement à suffoquer et apprécie moyennement les regards de plus en plus incestueux de son jumeau, qui ne serait pas contre une soirée sans pyjama, pour une fois…

C’est clair qu’il ne faut pas être dépressif avant d’assister à la projection de The Lodgers, sous peine d’avoir envie de s’ouvrir les veines avant le générique de fin. D’une lenteur abyssale, ce nouveau long-métrage de l’auteur de Let Us Prey est visuellement très abouti mais n’a pas réellement réussi à me captiver de bout en bout. Le film manque cruellement d’action et affiche des longueurs dont on aurait pu se passer alors que le scénario tient en quelques lignes. Hormis quelques scènes plus mouvementées le film se déroule comme une longue plainte désespérée. Un film qui plaira aux amateurs de gothique flamboyant ou d’histoires sombres saupoudrées d’un pointe d’inceste et de fantastique.

THE LODGERS

Genre : horreur

Première : Première Belge

Pays: Irlande

Audience: ENA

Audio : Anglais

Sous-Titres : Français, Néerlandais

Réalisateur : Brian O’Malley

Cast : Bill Milner, Charlotte Vega, David Bradley, Deirdre O’Kane, Eugene Simon, Moe Dunford, Roisin Murphy

Distributeur : Premiere Tv Dist.

Running time : 92’   Note : 11,5/20

Toujours au Ciné 1 à 18h30 La Femme la plus Assassinée du Monde de Frank Ribière.

Synopsis : Début 20e siècle, Paris. Le théâtre Grand Guignol et ses outrages quotidiens à la pudeur cartonne auprès du public, tout en suscitant l’indignation de l’intelligentsia de la capitale. On crie au scandale mais on fait la queue devant le théâtre, car tout le monde veut voir Paula Maxa, la fameuse Sarah Bernhardt de l’impasse Chaptal. Morte plus de 30.000 fois sur scène… Et, pourtant, elle est toujours là… Mais le taulier du Grand Guignol veut aller encore plus loin, quitte à sacrifier son actrice vedette dans une dernière mise en scène. Un final absolument grandiose et unique. Mais y a-t-il quelque chose de pire que la mort ? Il semblerait que oui…

Voilà un film d’une grande originalité. Tout d »abord, il faut louer l’idée de s’intéresser au Grand Guignol, théâtre d’horreur et d’épouvante de La Belle Epoque, et à son actrice phare Paula Maxa surnommée la Sarah Bernhardt de l’impasse Chaptal ou  » la femme la plus assassinée du monde » . Sur scène cette actrice a tout subi et est morte des milliers de fois.

Comme le dit dans une scène du film Anna Mouglalis, qui campe une Paula Maxa merveilleuse : « on m’a flagellée, martyrisée, coupée en tranches, recollée à la vapeur, passée au laminoir, écrasée, ébouillantée, saignée, vitriolée, empalée, désossée, pendue, enterrée vivante, bouillie au pot-au-feu, éventrée, écartelée, fusillée, hachée, lapidée, déchiquetée, asphyxiée, empoisonnée, brûlée vive, dévorée par un lion, crucifiée, scalpée, étranglée, égorgée, noyée, pulvérisée, poignardée, revolvérisée et violée. Ouf ! Ca sent le BIFFF tout ça, non ? Merveilleusement bien filmé et interprété par des comédiens formidables (Anna Mouglalis, Michel Faux, André Wilms…) le film étonne aussi par son final inattendu qui en surprendra plus d’un. Une réussite !

LA FEMME LA PLUS ASSASSINEE DU MONDE

Genre :  grand guignol

Compétition Compétition Méliès

Première: Première Mondiale

Pays: Belgique

Audience : ENA  Audio: Français

Sous-Titres: Anglais, Néerlandais

Réalisateur: Franck Ribiere

Cast: André Wilms, Anna Mouglalis, Jean-Michel Balthazar, Michel Fau, Niels Schneider

Distributeur: Fontana

Running time 102′  Note : 14/20

Changeons totalement de genre avec The 1000 Faces of Dunjia de Woo Ping Yuen

Synopsis : Nouveau gendarme de la ville paisible de Kaifeng, Dao est persuadé d’avoir trouvé la planque idéale. À part quelques chariots mal garés et des bœufs dépassant la limitation de vitesse, il ne s’attend pas à faire beaucoup d’heures supplémentaires dans sa nouvelle fonction. Pourtant, cette cité-dortoir est faussement assoupie, car une bataille millénaire s’y prépare : là où Dao ne voit que de simples paysans se cachent en fait les membres du clan Wuyin : des chasseurs d’extraterrestres qui sauvent la Terre en toute discrétion depuis des siècles. Et la chute récente d’une météorite de l’hyperespace est justement en train d’affoler leur boussole guerrière, d’autant que ce Kinder Surprise intergalactique recèle ce qui se fait de pire en termes d’ennemis inhumains… Et l’arrivée anticipée d’un poisson rouge de la taille d’un requin blanc à Kaifeng va très vite mettre Dao devant l’évidence même : les après-midi sudoku au soleil, ce ne sera pas pour tout de suite.

Première partie d’un dyptique qui mêle le traditionnel wuxia avec de vilaines bébêtes caricaturales et autres monstres dont les asiatiques raffolent, ce film ravira surtout les amateurs de manga et de tatanes chorégraphiées à la Matrix. Visuellement éclatant, le film ressemble à un bonbon visuel qui éclate de partout et vous en met plein les yeux. Pour amateur du genre seulement, les autres dont je fais partie risquent de ne pas vraiment s’y retrouver ou de ne s’amuser au final que de cette démesure à l’humour potache dont ressortent malgré tout quelques bons gags.

THE 1000 FACES Of DUNJIA

 Première: Première Européenne

Pays : Chine

Audience: ENA

Audio: Chinois

Sous-Titres: Anglais, Français, Néerlandais

Réalisateur: Woo-Ping Yuen

Cast: Aarif Lee, Da Peng, Dongyu Zhou, Ni Nii

Running time: 113′

Note : 11/20

Toujours au Ciné 1 New Trial de Tae-Yun Kim est un film passionnant qui témoigne une fois de plus qu’en matière de polar, les Coréens du Sud sont réellement bluffants.

Synopsis : En 2000, Jo Hyun-woo a quinze ans. C’est un gamin naïf qui ne croit peut-être plus au Père Noël mais qui croit encore aux gentils policiers. Mais, pas de bol, les gentils policiers décident de l’arrêter et de l’inculper pour le meurtre d’un chauffeur de taxi. Il n’a rien fait, mais quelques baffes de l’autorité suprême suffiront : il avouerait le meurtre de Kennedy si on le lui demandait. Seize ans plus tard, Jo Hyun-woo a purgé sa peine mais c’est une véritable épave : personne ne veut l’embaucher, sa mère aveugle a du mal à faire bouillir la marmite et – cerise sur le kimchi – les assurances qui ont dédommagé la famille de la victime à l’époque se retournent maintenant contre lui, avec des intérêts qui feraient passer Al Capone pour un pionnier du micro-crédit abordable. C’est alors qu’il rencontre Lee Jun-young, un avocat cantonné au pro bono qui rêve d’un avenir professionnel meilleur. Ce dernier voit d’abord cette affaire de façon purement opportuniste mais, au fur et à mesure qu’il creuse dans les dossiers, Lee Jun-young se rend compte qu’il est en train de plonger les mains dans une fosse de corruption absolument scandaleuse…

Servi par d’excellents acteurs, le film nous plonge dans l’univers de la justice coréenne où l’injustice et la corruption font loi. Tiré d’un fait divers bien réel dont le procès est encore en cours New Trial captive du début à la fin et démêle les noeuds d’un système légal pourri jusqu’à la moelle. Un bon thriller qui se termine par une remise au centre des vraies valeurs humaines via un coup de gueule libertaire du personnage principal.À voir !

NEW TRIAL

Compétition :Compétition Thriller, Prix de la Critique

Première : Première Belge

Pays : Corée du Sud

Audience : ENA

Audio : Coréen

Réalisateur : Tae-Yun Kim

Cast : Jae-young Han, Jung-Eun Lee, Min Jin-Woong, Woo Jung

Distributeur : Opus pictures

Running time : 119′

Note : 13/20

Changement de salle et direction le Ciné 2 pour un des films les plus attendus de cette édition 2018 : Trauma de Lucio Rojas.

Synopsis : Quatre amies décident de s’offrir du bon temps dans le fin fond de la campagne chilienne. Et le week-end débute sous les meilleures auspices : un soleil radieux, des oiseaux qui gazouillent, du vin qui coule à flots et un début de soirée qui annonce une nuit de folie. Mais peut-être pas dans le meilleur sens du terme… Car la visite impromptue d’un homme et de son fiston va transformer la fiesta en cauchemar total. Le lendemain matin, les survivantes de cet outrage sans nom tentent désespérément de trouver de l’aide dans le village voisin, sans savoir que leur bourreau est une figure malheureusement connue du pueblo. Un pur produit de la dictature chilienne, élevé et nourri à la torture, formaté au mal absolu. Et il n’en a pas fini avec elles…

Trauma était attendu au tournant. Souvent comparé à A Serbian Film de Srdjan Spasojevic, oeuvre défrayée et souvent condamnée pour sa violence gratuite et ses images insoutenables, le film de Lucio Rojas n’est finalement en rien comparable avec le film serbe. Ici, rien de gratuit, des scènes chocs et dures, mais qui se justifient par une volonté de dénoncer brutalement et froidement une violence issue de la dictature chilienne sous Pinochet qui se perpétue encore actuellement au Chili. Dans ce pays, de nos jours, l’homosexualité est toujours condamnée, le droit des femmes bafoué et nombre de psychopathes nostalgiques et fascinés par le régime de Pinochet sévissent encore.

Ils sont les rejetons malades d’une époque horrible qu’on voudrait voir enfuie à tout jamais. Après une première partie qui dénonce le régime chilien de l’époque et ses dérives abominables Trauma bascule de nos jours et se transforme en un rape & revenge de très bonne facture servi par d’excellents comédien(ne)s très convaincant(e)s dans des rôles éprouvants et une réalisation nerveuse efficace. Au final, Trauma s’avère être un bon film qui dénonce et fait réfléchir, mais qui bien sûr n’est pas à mettre sous tous les yeux de par certaines scènes d’une grande violence et parfois difficiles à supporter. Un de mes coups de coeur du jour !

TRAUMA

Genre : horreur

Première : Première Belge

Pays : Chili

Audience : ENA

Audio : Espagnol

Sous-Titres : Anglais, Français, Néerlandais

Réalisateur : Lucio Rojas

Cast : Catalina Lartin, Daniel Antivilo, Macarena Carrare, Ximena del Solar

Distributeur : Reel Suspects, Trauma Spa

Running time: 106′

Note : 14,5/20

La suite de ce premier week end du BIFFF dans la prochaine gazette bientôt disponible dans ces colonnes !

Jean-Pierre Vanderlinden

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