Celui qui tue le premier, c’est Hermann et avec Duke, il préfère la quintessence à la répétition

Il y avait Celui qui chante, la réponse du berger à la bergère sera plus incisive avec Celui qui tue. Le berger pour le (six)-coup(s), c’est Hermann qui avec son adjoint et fils, Yves H., pousse un peu plus loin les aventures de Duke, son vieux héros sur le retour bien qu’il se soit promis de ne plus jamais tuer. Alors quand on lui propose une expédition punitive… À moins que. Et voilà que vous vous retrouvez, petit lecteur pied tendre que vous êtes, pris entre les balles de deux camps férocement opposés. Coûte que coûte, colt que colt, fini le California dreamin’, place au Colorado nightmare.

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Résumé de l’éditeur : Suite à la multiplication des attaques de diligences, le Marshal Sharp doit réunir un groupe d’hommes capables d’arrêter les coupables.  Ceux-ci ont pour seule piste le témoignage de l’unique survivante à ces attaques : une petite fille plongée dans le mutisme, et dont la soif de vengeance semble intarissable. Duke est ainsi tiré de sa retraite et doit reprendre les armes aux côtés de son frère.

© Yves H./Hermann chez Le Lombard

Cela fait déjà quelques années qu’Hermann est entré dans son ère Eastwoodienne, son oeuvre longue et prolifique parle pour lui, et pourtant le dessinateur n’est pas décidé à s’accorder du repos, reprenant la bride pour d’autres chevauchées? Lui n’a plus besoin de sa rédemption mais il y a encore quelques personnages de BD perdus dans les grands espaces à sauver de leurs turpitudes. Et l’auteur à la célèbre moustache de gratter la poussière pour trouver des sens nouveaux, à la Clint dans son Impitoyable, sursaut westernien qu’on n’attendait peut-être plus de la part du Blondin.

© Yves H./Hermann chez Le Lombard

Alors, bien sûr, il y a des veuves et surtout une orpheline mais quitte à être parfaitement égoïste, le héros n’ira au front que s’il assouvit la dernière des raisons personnelles qui pouvait le faire sortir de sa réserve. Même pas pour de l’argent, même pas parce que son frère l’en conjure, mais uniquement parce que, de manière sous-latente, il y a un enjeu désespéré, nécessaire et ultime. Une dernière quête qui va faire chauffer les flingues sous les regards de ces immenses arêtes montagneuses et opposée à la quiétude des mouflons bien contents de ne pas se mêler aux humains, tiraillés entre le mal et le bien, et le mal pour un bien.

© Yves H./Hermann chez Le Lombard

Les tumbleweeds virevoltent, les chiens n’aboient plus et la caravane n’est pas passée. Il y a comme qui dirait un petit problème. Un problème de taille qui a pris le visage d’une bande de malfrats sans peur et sans vergogne, complètement acquis à leur cause : faire régner la terreur dans ce coin du Colorado. La guerre de sécession est finie mais les fêlés qu’elle a laissés continuent de faire couler les larmes et le sang, sans remords. Les premières planches sont assez virtuoses pour montrer l’étendue des dégâts, la violence n’a plus de frein et s’immisce même dans l’insouciance et la naïveté d’une orpheline laissée pour morte. Parce que les enfants (même si l’épreuve de la survie et de la fuite a fait passer précocement à l’âge adulte notre protagoniste) reproduisent ce qu’on leur montre.

© Yves H./Hermann chez Le Lombard

Et « Petite » est bien décidé à accomplir sa vengeance, sa violence alors que Duke, l’atout maître de la brigade de cowboys (et ce n’est pas franchement la charge héroïque) chargée de stopper le massacre, se cherche encore, entre son passé et son présent. Notre héros pèse le pour et le contre, répond catégoriquement « non » avant de se lancer, un peu pieds et poings liés par on ne sait trop quelle raison personnelle. En face, ce ne sont pas des rigolos mais Duke aura aussi à se méfier de sa propre troupe, ne pouvant compter que sur son frère.

© Yves H./Hermann chez Le Lombard

Plus qu’un héros, c’est une galerie de personnages attachants (qu’ils soient bons ou méchants) que nous livrent les H. père et fils, en faisant la part belle aux femmes, meurtries. Ce deuxième tome, plus que le premier, livre un western qui trouve ses plus belles saisons et toutes les nuances d’un ciel si paisible face à la terre et la perte des hommes. C’est simple, on plonge dans cette palette formidable du maître qui prend un malin plaisir à pétrir ses porte-flingues par la force du temps qui passe, alors que celui-ci n’a en rien ébranlé la dextérité de sa main. Celui qui tue le premier, définitivement, c’est Hermann ! Il ne se répète pas, il entre en quintessence.

Et le tome 3 est en bonne route selon les images partagées par l’auteur sur sa page Facebook : 

Série : Duke

Tome : 2 – Celui qui tue

Scénario : Yves H

Dessin et couleurs : Hermann (Facebook)

Genre : Western

Éditeur : Le Lombard

Néré de pages : 56

Prix : 14,45€

Date de sortie : le 26/01/2018

Extraits :

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