Les meilleurs guerriers ont un jour droit au repos, mais Deep Purple persiste et signe encore un peu et ils font bien

Après avoir sorti il y a quelques mois  » Infinite »  leur très réussi vingtième album qui sera peut être le dernier, Deep Purple a entamé une tournée mondiale intitulée The Long Gooodbye Tour. Tournée d’adieu ? Beaucoup le pensent, mais le groupe laisse toujours planer un doute sur son avenir.

Quand on a passé une bonne partie de sa vie d’artiste sur les routes (avec Status Quo, Purple est sans doute un des groupes rock qui étaient quasi constamment en tournée), il n’est pas si simple d’envisager la retraite.

Deep Purple © Jean-Pierre Vanderlinden

Il y’a quelques mois lorsqu’on l’interrogeait sur le sujet Ian Paice déclarait à la presse : «  Nous entendons bien continuer le plus longtemps possible tant que nous nous amusons… Je pense que cette tournée sera la dernière de cette ampleur, à voyager partout, mais ce qui se passera après, personne ne peut le dire… Planifier la fin De Deep Purple aujourd’hui, aucun d’entre nous n’en est capable, ça fait trop peur ! » Alors, même si le groupe est composé aujourd’hui de trois sexagénaires (Airey, Morse et Paice ) et de deux septuagénaires (Glover et Gillan) il reste une solide machine de guerre. Et ce jeudi soir, au Zénith de Lille, on en a eu la preuve éclatante.

Monster Truck © Jean-Pierre Vanderlinden

Après une première partie assurée de main de maître par les canadiens de Monster Truck et leur rock sudiste teinté de hard bien ficelé, Deep Purple déboule sur les planches vers 21h10.

Deep Purple © Jean-Pierre Vanderlinden

Le groupe attaque avec  » Time For Bedlam »  qui ouvre leur dernier opus . L’occasion pour Don Airey de démontrer son talent au hammond même si le souvenir de l’irremplaçable Jon Lord est dans toutes les mémoires. Les six mille personnes du Zénith de Lille accueillent le groupe avec enthousiasme et sur scène, visiblement, ça s’amuse beaucoup. J’ai rarement vu Ian Gillan aussi souriant et enthousiaste et même s’il n’a plus, depuis longtemps, les possibilités vocales de l’époque bénie de «  Child in Time », je le trouve très affuté vocalement ce soir, même s’il quitte régulièrement la scène pendant les parties instrumentales sans doute pour reposer sa voix.

Deep Purple © Jean-Pierre Vanderlinden

La section rythmique Paice-Glover est comme toujours irréprochable et Steve Morse dont la complicité amicale avec Gillan est évidente assure le boulot parfaitement ,même si, son parti pris de s’approprier librement certains classiques intemporels inscrits dans la mémoire collective m’a toujours un peu gêné . À chaque fois que je l’entend jouer «  Smoke on The Water » et qu’il s’attaque au solo, je grince des dents tant celui de Blackmore sur «  Made in Japan » est intouchable et fait office de classique.

Deep Purple © Jean-Pierre Vanderlinden

Au niveau de la setlist , Deep Purple pioche un peu ci et là dans toute sa carrière avec des titres comme «  Fireball » , «  Strange Kind of Woman « , « Lazy », «  Perfect Strangers », «  Space Truckin’ » et «  Smoke on the Water » joué en cloture de set devant un public chaud comme la braise.

Deep Purple © Jean-Pierre Vanderlinden

Le Zénith est debout et rappelle les cinq musiciens qui reviennent nous interpréter «  Hush » de bien belle manière donnant l’occasion à Roger Glover de nous balancer un solo de basse dont il a le secret.

La fête se termine au son d’un de mes titres favoris du Purple, l’excellent «  Black Night » qui met tout le monde d’accord. La foule est conquise et une énorme clameur s’échappe du public. Un dernier salut, quelques baguettes et plectres jetés en pâture aux fans, et nos cinq lascars disparaissent définitivement dans les coulisses.

Deep Purple © Jean-Pierre Vanderlinden

Alors, bien sûr, les esprits chagrins diront que ce Deep Purple-là ,même s’il reste éblouissant musicalement, n’a plus la férocité de ses débuts. C’est sans doute vrai, mais leur show se déguste toujours avec un énorme plaisir comme une madeleine de Proust.

N’oublions jamais que nous vieillissons tous avec tout ce que ça entraîne comme conséquences peu agréables, alors quand je vois ces mecs-là sur scène soulever l’enthousiasme de salles bourrées à craquer à l’âge où beaucoup se contenteraient de siroter une infusion dans leur canapé charentaises aux pieds, je ne peux que leur  leur tirer mon chapeau et les remercier pour tout ce qu’ils m’ont apporté comme bonheur au fil des ans à l’écoute de leurs hits intemporels. Et si réellement il s’agit de la dernière tournée du groupe, elle me laissera un très bon souvenir.

Car même si les meilleurs guerriers ont un jour droit au repos, il reste alors les souvenirs de leurs plus beaux exploits cachés là dans un coin de nos coeurs de rockers, et à jamais…

Texte et photos : Jean-Pierre Vanderlinden aka JPROCK THE DARK FEATHER.

Setlist – Zenith de Lille ( France) – 01.06.2017 :
Time for Bedlam
Fireball
Bloodsucker
Strange Kind of Woman
Johnny’s Band
Uncommon Man
The Surprising
Lazy 
(with keyboard solo Don Airey)
Birds of Prey
Hell to Pay
Keyboard Solo
Perfect Strangers
Space Truckin’
Smoke on the Water

Encore:
Hush (Joe South cover)
Bass Solo
Black Night

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