Yaniss Lespert et Stéphane Robelin : « On a joué au Loup-Garou avec Pierre Richard, il nous a tous embobinés ! »

Avec « Un profil pour deux », Stéphane Robelin s’offre une nouvelle collaboration avec l’un des monstres du cinéma français, monsieur Pierre Richard himself. Il faut dire qu’on attendait Stéphane Robelin au tournant, niveau casting, surtout au vu de sa précédente réalisation, « Et si on vivait tous ensemble » qui réunissait à l’écran la crème d’une génération qui a permis au cinéma français de connaitre un âge d’or. Dont Pierre Richard, cette fois encore, parfait en grand-père à qui personne ne pourrait se référer pour énoncer des souvenirs de jeunesse. Côté nouveauté, Robelin a aussi su trouver des perles rares pour accompagner Pierre Richard sur le devant de l’écran. Certes, Yaniss Lespert n’est pas un nom méconnu des spectateurs, mais côté cinéma, on a beaucoup plus de souvenirs de son frère. Quand on pense à Yaniss, on a plus facilement à l’esprit des images de séries télévisées. Pour mieux connaitre l’univers de cet acteur et pour connaitre les dessous de cette production, Yaniss Lespert et Stephane Robelin ont accepté de nous rencontrer et de répondre à nos questions.

Yaniss, qu’est ce qui vous a véritablement donné envie de rejoindre cette aventure ?

Yannis : Avant tout, je pense que c’est ma rencontre avec Stéphane. On a discuté pendant deux heures, des instants de réels échanges très sympathiques. Ensuite, à la lecture du scénario, j’ai directement été amusé et j’ai eu véritablement envie de participer à ce projet. Cette rencontre, ce scénario, ce premier rôle : c’était au final très évident d’accepter d’entrer dans le casting de ce long-métrage. Cela aurait été assez bête de passer à côté de cette occasion, surtout après la belle rencontre humaine que j’avais vécue en découvrant Stéphane !

Dans ce film, les sites de rencontres sont au cœur de ce qui va entraîner la complicité et l’aventure d’Alex, le personnage auquel Yaniss prête ses traits, et Pierre, le rôle que Pierre Richard campe dans ce film. Est-ce que vous vous êtes déjà essayé à ce type d’expérience ?

Yaniss : Oui ! Les sites échangistes et des trucs du style ! (Il sourit) Non mais plus sérieusement, cela ne m’a jamais tenté. Je pense que je n’aurai jamais besoin de ça ! Et je serai sûrement encore moins tenté maintenant car je suis en couple et cette histoire se passe très bien. Mais c’est à Stéphane qu’il faut poser cette question. C’est lui qui a tiré un mécanisme de son film de ce type de site.

Stéphane : (Il éclate de rire) Non ! Je n’ai jamais essayé cette expérience et cela ne me tente vraiment pas. Je ne critique pas les gens qui cherchent l’âme-sœur sur ce genre de site, mais je ne pense pas que cela est adapté à ma personne.


D’où vous sont venues l’idée et l’inspiration pour faire ce film alors ?

Stéphane : Au départ, j’avais cette idée d’une rencontre particulière mais je ne savais pas comment la mettre en scène. Et puis, j’avais surtout envie d’offrir un nouveau duo à Pierre. Je savais qu’il était nostalgique de sa grande époque de duo. Il faut dire qu’il n’a plus réellement eu l’occasion d’avoir ce style de partage de premier rôle depuis la période où il partageait l’affiche avec Gérard Depardieu. Alors je cherchai une histoire qui me permettrait de faire un duo, en racontant une rencontre, en sachant que l’un des deux personnages serait une personne âgée. Il m’est alors venu l’idée de créer un duo transgénérationnel. Pour ce faire, j’ai dû me demander « qu’est-ce qui permettrait de réunir un trentenaire et un octogénaire ? ». Internet fut directement une évidence !

Les gens de l’âge de Pierre n’ont pas forcément eu la chance d’apprendre comment cela fonctionnait au cours de leur carrière professionnelle. Depuis quelques années, les jeunes sans emploi sont souvent preneurs d ce type de boulot qui consiste à enseigner aux séniors comment utiliser la toile. Cet outil permet aux personnes âgées de s’ouvrir de nouveau sur le monde malgré le fait qu’ils sortent rarement de chez eux. De plus, je voulais amener de la comédie et faire quelque chose qui s’inscrive dans ce registre, a contrario de mon précédent film. L’image du jeune pour faire des rencontres fut la clé qui me permit de tirer sur des ficelles pour créer de multiples situations qui relèvent du vaudeville !

Vous nous parliez de cette envie d’offrir un rôle sur mesure pour Pierre Richard, cette nouvelle collaboration était-elle actée avant que vous vous lanciez dans ce projet ? Ce rôle de Pierre lui était-il destiné depuis le début de cette aventure ?

Stéphane : J’ai composé ce rôle en pensant à lui sans savoir s’il serait d’accord de faire ce bout de chemin avec moi. Donc j’ai créé ce personnage en pensant à Pierre Richard sans pour autant inventer un personnage qui ne pourrait être joué que par lui. Il fallait que le rôle puisse aller à quelqu’un d’autre dans le cas où Pierre aurait refusé de me suivre. Puis, il fallait aussi que Pierre puisse faire ce qu’il voulait du personnage, s’il acceptait d’intégrer ce projet. Je ne voulais pas qu’il doive s’enfermer dans l’image que le public avait de ses précédents rôles.


Même si vous avez fait attention à ne pas lui faire rejouer des scènes de ses plus grands films, il y a des clins d’œil à ce qui fit de Pierre Richard l’icône qu’il est aujourd’hui. Je prends pour exemple cette scène du bar à vin où l’on voit des mécaniques emprunts à l’humour de Benny Hill et l’humour des années 60’s à 80’s.

Stéphane : Oui, bien sûr ! Il y avait un souhait de lui offrir des traits de ces personnes des années 60 et 80. De l’humour un peu burlesque comme le portaient les grandes comédies où le nom de Pierre Richard régnait au-dessus de l’affiche. Cette scène du bar à vin était d’ailleurs beaucoup plus accentuée au début, puis elle fut estompée pour ne plus être un clin d’œil en référence à ce monde plutôt qu’une copie.

Yaniss, il y a une multitude de scènes où Pierre joue son rôle de grand-père un peu gauche et attendrissant et vous, vous devez refuser de rentrer dans son jeu. Même s’il tente de vous soudoyer avec quelques billets. Comment avez-vous réussi à tenir votre rôle de manière stoïque face à cet Arlequin qu’est Pierre Richard ? Cela est-il facile d’éviter de rire face à ce clown intemporel ?

Yaniss : Pierre joue très bien les scènes touchantes. Malgré tout, je ne vais pas dire qu’il est manipulateur mais il y a plein de moments dans le film où il pouvait se permettre un peu de malice. Néanmoins, dans ce long-métrage, Pierre Richard campe surtout un être très attendrissant. J’ai rarement eu envie de rire face à lui. Il était touchant et il réussissait même à me donner de la peine quand il prenait ses airs désarmés.

Dans cette scène où il essaye de me convaincre à l’aide de liasses de billets, ce qui était drôle et fou en même temps, c’était que pendant le laps de temps entre les diverses prises, Pierre profitait toujours des instants d’avant tournage pour nous faire « du Pierre Richard en Off ». Puis dès que l’on commençait à tourner, ce grand clown se transformait instantanément en un petit vieux qui nous inspirait l’empathie. Pour la scène où il doit aller chercher de l’argent dans sa chambre par exemple, il nous a offerts un moment de grand Pierre Richard, dans un mélange humour et émotions. Cette prise devait durer dix secondes et devait donc être tournée très rapidement, mais Pierre en avait décidé autrement. Il nous l’a jouée comme un vrai petit vieux, en prenant son temps et en traînant les pieds. Il a même poussé le vice en revenant sans l’argent en feintant qu’il l’avait oublié dans l’autre pièce.

 Avec « Un profil pour deux », Stéphane vous offre votre premier grand rôle au cinéma.

Yaniss : Oui, je n’avais eu que deux ou trois petits rôles au cinéma avant ce projet, mais jamais d’apparition conséquente. Les gens me connaissent surtout pour mes rôles et mes apparitions à la télévision, comme dans la série de France 2, « Fais pas ci, fais pas ça ». Mais ici, c’est une grande première car Stéphane m’offre un véritable rôle dans son film, et en plus, je partage le rôle principal avec Pierre Richard. C’est exceptionnel !


Quelle fut votre réaction à l’annonce de cette proposition justement ?

Yaniss : Je l’ai remercié plusieurs fois, même après que l’on ait commencé à tourner ce long-métrage. C’est une vraie chance que Stéphane m’a offert. Tourner c’est déjà une chance, mais avoir un premier rôle, c’est encore plus exceptionnel. Et ce qui est impensable et au-dessus de toute espérance, c’est ce cadeau de me permettre de partager l’affiche avec cette légende qu’est  Pierre Richard pour mon premier vrai rôle sur grand écran ! Je crois que je devrais appeler ma copine d’ailleurs car je me rends seulement compte que cela, c’est plus que de la chance !

Stéphane, le personnage de Pierre est un grand-père qui, depuis la mort de sa femme, se laisse aller. Il vit reclus sur lui-même et il passe ses journées à contempler des photos et des films de sa chère et tendre. Ce personnage rappelle fortement le héros de la nouvelle d’Henry James, « L’autel des morts ». Dans cette nouvelle, le héros passe tout son temps dans une église, devant un autel qu’il fait flamboyer de mille flammes grâce à des cierges, pour raviver et pour conserver le souvenir de son épouse défunte. Ces deux personnages ont ce même désintéressement de la vie. Ils se consacrent à l’adoration de leur défunte. Néanmoins, dans le cas de votre personnage, Alex, le personnage joué par Yaniss, permet d’entrevoir une échappatoire face à ce rituel obsédant. Grâce à l’enseignement qu’Alex dispense à Pierre pour lui permettre d’avoir accès au monde par internet, Pierre peut se découvrir de nouvelles activités. Pensez-vous réellement qu’internet permet aux gens de prendre un nouveau départ dans la vie ? Et est-ce que vous pensez que cela est d’autant plus vrai pour les personnes d’un certain âge ?

Stéphane : Oui, je pense franchement que cela est possible grâce à internet. Certaines personnes âgées se déplacent beaucoup moins et ont peu de chance de faire de nouvelles rencontres ou de rester en contact avec leurs connaissances par le fait de cette immobilité. Par l’utilisation d’internet, ces gens peuvent construire et entretenir des liens. Ça leur permet de rester en relation avec des amis et leur famille, comme le font les plus jeunes, mais aussi de s’informer, en partageant des messages, des photos et des vidéos avec d’autres personnes. Je pense même que cette mode des sites de rencontres, qu’internet a fait naître, est encore plus une aubaine pour les personnes âgées que pour la jeunesse car les jeunes gardent d’autres possibilités de faire de nouvelles connaissances. Internet est une réelle belle opportunité pour ce public plus vieillissant.

Je le vois avec ma mère qui est inscrite sur des réseaux sociaux tels que Facebook. Cette nouvelle mode est de plus en plus courante chez les grands-parents actuels. Mais ce qui se produit maintenant est encore plus exceptionnel : une génération plus ancienne, celle de Pierre, qui se disait bien trop dépassée et bien trop vieille pour se mettre aux technologies modernes commence à faire marche-arrière et se décide à apprendre à utiliser ces systèmes qui leur semblaient trop futuristes. C’était aussi en grande partie mon but avec ce film. Je voulais confronter la génération de Pierre à cet instrument qu’est internet. Cet outil qui parait souvent étranger à cette ancienne société, alors qu’il est justement fait pour eux !

Parmi les multiples portraits de la jeunesse que vous dressez dans votre film, vous nous dépeignez le personnage de Flora (Fanny Valette) qui préfère faire des rencontres par l’usage d’internet plutôt que dans la vie réelle. L’approche de l’inconnu dans la vie réelle lui fait peur alors que sur internet, cela la réconforte. Pensez-vous vraiment que les sites de rencontres sont plus profitables à l’ancienne génération plutôt qu’à la nouvelle ?

Stéphane : Les jeunes ont d’autres possibilités que ces sites mais ils utilisent aussi ce moyen qu’internet leur offre. Pour certaines personnes plus âgées, Internet devient une excellente parade face à ce risque d’immobilisme. Ce fait confère donc plus de raison d’être aux sites de rencontres pour ces personnes d’un certain âge plutôt que pour un public plus jeune et mobile. Néanmoins, cela n’empêche pas à la jeunesse d’utiliser ces nouvelles technologies, bien au contraire. C’est un outil qu’ils se sont appropriés très tôt donc ils sont très à l’aise avec ce type de système.

Et oui, comme le dit Flora dans ce film, rencontrer quelqu’un dans un bar, cela est très aléatoire. Alors qu’il est plus facile de faire son marché sur internet. On est directement plus sûr de cibler le profil le plus intéressant. De plus, il est peut-être beaucoup plus sécurisant de pouvoir échanger par messages interposés avant se rencontrer réellement.

Le personnage d’Alex est un Tanguy moderne. On pourrait le qualifier de Marginal 2.0. Yaniss, vous qui êtes à l’antipode de cette génération de Tanguy, avez-vous un message pour remotiver cette génération ?

Yaniss : Je connais plein de gens similaires au personnage d’Alex. Le problème est que l’on appartient à une génération soit trop qualifié soit pas assez pour faire ce que l’on souhaite faire. Et cela nous amène souvent à faire des boulots que l’on n’apprécie pas vraiment. S’il y a un trait du rôle d’Alex que j’apprécie vraiment, c’est que c’est un rêveur. Il s’accroche à ce qu’il aime. Alex est fermement obstiné à atteindre son objectif plutôt que de faire des boulots dans lesquels il ne se retrouve pas. D’ailleurs, son petit boulot comme enseignant pour Pierre est un boulot contraint. La génération qu’il représente est vraiment une génération qui veut aller professionnellement vers des choses qui lui tiennent véritablement à cœur. Le problème est que la société n’est pas adaptée à cette génération et il n’y a donc pas assez de portes ouvertes pour permettre à ces jeunes de se réaliser.

Dans ce film, vous êtes l’alter-ego de Pierre Richard, et, malgré son âge, il parait parfois plus rêveur et intrépide que vous. Est-ce que Pierre Richard n’est pas resté un éternel jeune contrairement à ce que son image tend à nous faire penser ?

Yaniss : Pierre à 25 ans dans sa tête. Il est très ouvert d’esprit, il est simple, il est drôle, il est sociable ! Pierre a plein d’amis beaucoup plus jeunes que lui. Tout cela, c’est ce qui le rend si extraordinaire et c’est ce qui est magnifique chez lui ! En plus, il est toujours prêt pour entendre une nouvelle blague. Il adore ça, et il reste bon public malgré le fait que ces 50 années d’expérience font de lui une bibliothèque à anecdotes. Je me rappelle d’un moment au cours du tournage où il commença à me parler d’une histoire qu’il avait vécue avec De Funès. Ce qui était drôle et fou en même temps, c’est qu’au moment où il nous narre ses aventures, on pense presque qu’il a le même âge que nous, et pourtant il nous parle de choses que l’on n’a pas pu vivre, puisque l’on n’était pas encore né quand il les a vécues. Mais lui en parle, comme si ces moments s’étaient produits hier. Pierre Richard, c’est le savant mélange entre un esprit jeune et une bibliothèque de l’histoire du cinéma.

Stéphane, votre long-métrage reflète de nombreuses réalités de la société actuelle : troisième voire quatrième âge esseulé, génération de Tanguy’s désenchantés, informatisation des liens sociaux… Placez-vous ces visions du monde développées dans ce film dans l’actualité ou dans votre imaginaire ?

Stéphane : Je pense que l’histoire d’ « Un profil pour deux » est empruntée des réalités du monde d’aujourd’hui. Beaucoup de choses dans ce film sont inspirées de faits que j’ai vus ou que l’on m’a rapportés. Certes mon projet reste vaudevillesque mais la toile de fond sur laquelle le scénario se construit est bien réelle. Il existe une génération désenchantée qui ne réussit pas à trouver de travail. Avec les baby-boomers, il y a une société vieillissante qui vit des problèmes d’isolements sociaux ou de dépendances. Les liens transgénérationnels que je montre à l’image ne sont pas fictifs. Ces diverses représentations de notre civilisation ne sont pas des tribulations de mon imaginaire, ce sont de faits. Ces multitudes de réalités s’entrelacent dans le monde actuel. Et cela crée des instants surprenants. La rencontre, l’échange et l’apprentissage que ces deux castes et que cette technologie induit rendent ce film encore plus coloré.

Yaniss, dans ce long-métrage, Pierre Richard drague grâce à l’utilisation de votre identité. Avez-vous déjà utilisé ce type de subterfuge en envoyant un ami en  éclaireur  à un rendez-vous galant ?

Yaniss : Non, du moins, …pas exactement… Je n’ai jamais envoyé un ami à un rendez-vous à ma place, mais j’ai déjà demandé à un ami d’écrire des textos à ma place pour séduire une fille car il avait une bien meilleure plume que moi. Je lui donnais les idées que je voulais transmette et il les remettait en forme pour que cela soit plus joli. Et surtout, il écrit des messages sans faute d’orthographe, contrairement à moi !


Ce film fut sélectionné pour être projeté en film de clôture de l’édition 2016 du Festival International du Film d’Amour à Mons. Qu’est ce qui fait pour vous un film d’amour ?

Stéphane : Je ne suis pas un grand fan de comédie romantique. Moi je veux surtout offrir une comédie réaliste avec une toile de fond qui permette de croire en ce qui se passe, même si les ficelles et l’histoire de base font que ce projet puisse faire très vaudeville. L’amour reste bien sûr central dans ce film car l’histoire narre le désir retrouvé d’un vieillard grâce à l’amour.

Mais même si j’ai fait un film sur ce sujet, je voulais que ce long-métrage reste burlesque. Je n’aurai jamais fait un film sur une histoire d’amour entre deux trentenaires. Ce n’est pas mon truc. Quand je parle d’amour, je dois le faire de manière décalée. Si je devais vraiment faire un film qui se focalise exclusivement sur le sujet de l’amour, je crois que cette réalisation serait une copie conforme de ce long-métrage-ci. Je pense réellement qu’il est ce que je ferai de mieux sur ce concept.

Yaniss : Le personnage de Pierre nous montre ce qu’est une renaissance à travers l’amour. C’est un des traits qui m’intéresse le plus dans la psychologie de cet être. Sa première vie finit au moment où sa femme disparaît tragiquement. Puis, tel un phœnix, il renaît de ses cendres par son activité cybernaute. Il reprend vie grâce à une histoire d’amour et par l’écriture de quelques poèmes endiablés qu’il envoie à Flora par Internet. L’amour est un acteur à part entière de ce film car, en plus du thème qu’est l’usurpation d’identité pour séduire, l’amour est personnifié dans ces parties du récit. L’amour est dans l’être crée entre l’image d’Alex et le mental de Pierre.


Dans ce film, il y a une scène époustouflante, c’est la scène de la confrontation à trois. Comment réussit-on à créer autant d’émotions et de tensions avec trois acteurs qui restent assis dans une pièce. Encore plus quand l’un d’eux est au coeur d’un monologue ?

Stéphane : Cette scène devait être posée et théâtrale. C’est le moment d’explication pour Flora. C’est à cet instant qu’elle comprend vraiment les dessous de son histoire commune avec Pierre/Alex. C’est là que l’homme qu’elle pensait unique se dédouble. La manière de mettre en oeuvre cette scène m’est venue très tardivement. Il fallait que Fanny porte la scène à elle seule, malgré le fait que les trois acteurs y avaient leur importance. Elle devait les mettre face à cette fissure émotionnelle que fission de l’être aimé avait produite. Elle les confronte au doute. Elle leur fait vivre ce qu’elle a vécu par la mise en lumière de ce mensonge sur l’identité de son Don Juan. Elle leur offre une prise de conscience par son monologue à trois visages. Fanny fut très impressionnante et subtile dans le jeu qu’elle développa au cours du tournage de cette scène. Elle incarne ce moment en lui donnant une telle force. Ce que j’omets de vous dire quand je parle de cette scène, c’est le fait que Pierre et Yaniss n’avaient jamais rencontré Fanny avant que l’on tourne cette scène. C’est peut-être aussi cela qui rend cette scène si spéciale. Ce rendez-vous avec les êtres aimés est aussi une réelle rencontre entre trois personnes. Pierre et Yaniss ne savaient pas qu’ils allaient jouer cette partie du film. Vu que cette scène est un monologue, seule Fanny connaissait ce moment du film.

Yaniss : Quand on est devant une artiste comme Fanny, on se laisse porter. Cette scène fut vraiment facile à jouer car Fanny nous a transportés dans ces émotions. On vit à travers son monologue. En plus, le fait de n’avoir jamais vu son visage et de n’avoir qu’entendu sa voix avant cet instant du tournage permet mieux de comprendre l’émotion que l’on voit sur le visage de Pierre et moi-même pendant qu’elle nous parle. On est mis face à un royaume d’émotions et ils nous restent plus que le choix de vivre cette expérience qu’elle nous offre.


Avez-vous une petite anecdote de tournage à nous raconter ?

Yaniss : Pierre joue toujours sur son âge. Et pendant le tournage à Bruxelles, on a passé une journée de congé chez Fanny à jouer à un jeu de société qui s’appelle le loup-garou. C’est un jeu de rôle où on doit réussir à découvrir qui est le loup pour ne pas être dévoré. On a fait cinq ou six parties avec Pierre. À chaque fois Pierre était le loup et à chaque fois il a gagné. Il faisait le sénile et il jouait le type qui ne comprend pas les règles du jeu. Il nous a tous embobinés.

 Stéphane : C’est la preuve que Pierre est un acteur extraordinaire. Il réussit à jouer un rôle qui paraît si vrai que même les gens du métier se font avoir. C’est vrai qu’il joue toujours de son âge mais quel talent, il a ! Puis, Pierre est quand même la seule personne que je connaisse qui va jouer à ce jeu et qui va toujours se retrouver en loup et, en plus, va toujours gagner. Il est vraiment à l’opposé du grand blond de ses premiers films !

Merci à tous les deux ! Si Stéphane Robelin et Yaniss Lespert vous ont donné envie de voir ce film, où ils sont accompagnés par Pierre Richard, Stephane Bissot, Stéphanie Crayencour, Fanny Valette, Gustave Kervern ou encore Macha Méril, « Un profil pour deux » sort dans toutes les salles obscures du royaume ce mercredi 26 Avril.

Titre : Un profil pour deux

Réalisateur : Stéphane Robelin

Acteurs : Yaniss Lespert, Pierre Richard, Fanny Valette, Stéphane Bissot, Stéphanie Crayencour, Gustave Kervern, Macha Méril…

Genre : Comédie, Romance

Pays : France, Allemagne, Belgique

Durée : 1h39

Date de sortie : le 26/04/2017 (le 12/04/2017 en France)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s