La semaine ciné de Julien: les vacances de Pâques au cinéma – Partie 4, et fin !

Chers cinéphiles, bonjour ! Les vacances de Pâques sont malheureusement terminées (du moins en Belgique), mais je vous propose de les prolonger encore un tout petit peu avec mes avis cinématographiques des sorties du 05 avril ! Au programme: « Power Rangers », « Orpheline », « Boule & Bill 2 », « Your Name »,  « Gold » et « A Bras Ouverts » !

Première partie, ici

Deuxième partie, ici

Troisième partie, ici

Que faut donc retenir de ces sorties ciné ? Let’s go pour une nouvelle semaine ciné de Julien ! 

SEMAINE 14 (05/04 au 11/04): 6 films vus

Go, Go, Power Rangers !

POWER RANGERS

Vu au cinéma Acinapolis à Jambes

Sortie du film: le 05 avril 2017

Réalisateur(s): Dan Israelite

Acteur(s): Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott, Elizabeth Banks

Genre(s): Action, aventure, science fiction
Durée: 2h04

Résumé: Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…

Signe(s) particulier(s): 

– pour la petite histoire, la franchise américaine « Power Rangers » est adaptée de la série populaire télévisée « Super Sentai ». C’est en 1984, lors d’un voyage au Japon, que le compositeur et producteur Haim Saban a découvert cette série. Il a alors contacté les propriétaires du programme et en a obtenu les droits internationaux en dehors de l’Asie. Dès la diffusion de ses premiers épisodes, en 1993, « Power Rangers » s’est imposé et est devenu un phénomène culturel international;

– ce reboot des aventures des Rangers Bleu, Jaune, Rouge, Rose et Noir devrait connaître plusieurs suites… En tout cas, restez bien pour la scène post-générique…

Le(s) +

Qu’on ne se le cache pas: ces super-héros ont bercé une partie de notre enfance, et l’idée de les retrouver sur grand écran plus de vingt ans après leur début nous rendait plutôt curieux, voir impatients. Un plaisir coupable, dites-vous ?

Alors, que les fans se rassurent: cette aventure est assez fidèle à l’esprit de la série télévisée phénomène, surtout au niveau des célèbres chorégraphies et combats à main nue entre les Rangers et les forces du mal, avec même le retour des Zords, et même du Mégazord !

Divisé en deux parties, ce reboot est réalisé dans le sens du poil, et est relativement divertissant… La première partie du film est très classique, puisqu’on y fait la connaissance de nos nouveaux héros, façon « teen movie ». Ainsi, on y suit une bande de lycéens qui, après avoir trouvé des pierres de couleurs différentes, vont se découvrir des pouvoirs hors du commun… Cette première partie développe plus ou moins ses personnages, et réserve son lot de sympathiques moments humoristiques liés à leurs pouvoirs, et ce qu’ils en font. La seconde, elle, voit le retour de la célèbre Rita Repulsa (incarnée par Elizabeth Banks), bien décidée à s’emparer de l’univers grâce au cristal Zéo… Évidemment, les Rangers vont l’en empêcher…

Un retour uniquement destiné aux fans de la première heure, prêts à retrouver ces Rangers, leur univers, et surtout leur côté kitsch.

Le(s) –

Trop fidèle à la série et à ses moyens d’époque, ce film est complètement démodé… Alors qu’on pensait que la technologie allait aider les Rangers à connaître une seconde vie, il n’en est rien. Que du contraire ! Tout cela a mal vieilli, et n’a pas évolué… Il suffit aussi de lire le script du film pour en comprendre toute l’ampleur. Car en plus d’être inintéressante, l’histoire souffre de grosses ficelles scénaristiques (le bracelet électronique du Ranger Rouge, le crash de la voiture avec le train, la sortie du Ranger Bleu et de son Zord Triceratops, etc.).

Mais entrons dans le vif du sujet, soit la seconde partie du film. Tandis qu’on a l’impression que les Rangers combattent suspendus à des câbles, on a aussi droit au célèbre générique « Go, Go, Power Rangers » lors de la longue scène finale, où les Rangers détruisent involontairement toute la ville d’Angel Grove afin de combattre Rita Repulsa, à des années-lumières de celle qu’incarnait Barbara Goodson dans la série.

Que dire aussi du ton général du film ? Alors que la première partie s’essaie au second degré, la seconde, lors de la confrontation, le tente aussi, ce qui enlève toute crédibilité à la mission de Rita Repulsa. Par exemple, on la voit manger un donut dans un magasin dans lequel résonne un célèbre tube des Destiny’s Child, pendant que son armée de monstres de pierre tombent comme des mouches en rue, et cela dès que les Rangers soufflent dessus…

Une chose est certaine: les néophytes ne trouveront pas leur compte devant ce film d’un ridicule assumé pas possible, gâché par un scénario grotesque. Sans doute ne fallait-il pas pousser la nostalgie aussi loin…

Note: 10/20

Quatre visage, une femme

ORPHELINE

Vu au cinéma Caméo à Namur

Sortie du film: le 05 avril 2017

Réalisateur(s): Arnaud des Pallières

Acteur(s): Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Gemma Arterton, Jalil Lespert

Genre(s): Drame
Durée: 1h51

Résumé: Portrait d’une femme à quatre âges de sa vie. Petite fille de la campagne, prise dans une tragique partie de cache-cache. Adolescente ballottée de fugue en fugue, d’homme en homme, puisque tout vaut mieux que le triste foyer familial. Jeune provinciale qui monte à Paris et frôle la catastrophe. Femme accomplie enfin, qui se croyait à l’abri de son passé. Quatre actrices différentes incarnent une seule et même héroïne.

Signe(s) particulier(s): 

– « Orpheline » transpose au cinéma l’histoire personnelle de la co-scénariste du film, Christelle Berthevas;

– le film a remporté le Bayard d’Or du meilleur film lors du dernier Festival International du Film Francophone de Namur, ainsi que le prix de la meilleure comédienne pour son quatuor d’actrices principales, incarnant la même femme, mais à différentes périodes de sa vie

Le(s) +

Incarner une même femme avec quatre actrices, et cela à différents moments de sa vie, c’est audacieux, d’autant plus si la ressemblance physique n’est pas immédiate, et que trois des quatre actrices sont âgées de 24 (Adèle Exarchopoulos), 24 (Solène Rigot) et 28 ans (Adèle Haenel), ce qui ne va pas de pair avec l’idée d’interprétation d’un même personnage sur une échelle de temps différente.

Or, l’exercice est bel et bien réussi. Les quatre actrices sont brillantes par leur singularité et leur jeu nuancé d’un même personnage, permettant à celui-ci de continuer indirectement (car rien n’est ici continu) son voyage d’un âge à l’autre (6, 13, 20 et 30 ans). Force est se constater qu’il a fallu que les actrices parlent entre elles, afin de rester fidèles à la même femme qu’elles incarnent.

La mise en scène du réalisateur permet de passer d’un âge à l’autre de la vie chaotique de Karine, le spectateur étant alors amené à remettre les morceaux du puzzle dans l’ordre, et à comprendre son histoire. Filmé au plus près des visages, les actrices éclatent devant la caméra du réalisateur (mention spéciale à Adèle Haenel, qui simule parfaitement bien l’accouchement), et y donnent de leur force.

Le(s) –

La mise en scène peut désarçonner le spectateur n’étant pas habitué à ce type de narration. D’ailleurs, cette façon de procéder ne permet pas ici à l’intensité du portrait (sur papier) de créer de l’émotion aux divers moments clefs de la vie (très triste), de cette femme, le spectateur s’étant alors habitué à passer d’une époque à l’autre, sans véritable fil conducteur narratif qui évolue. De plus, les quatre périodes racontées ne disent pas tous des enjeux personnels de Karine qui s’y prêtent, ce qui a tendance à nous laisser sur notre faim, avec des questions ne trouvant pas réponse. Au final, on a même l’impression d’abandonner notre héroïne, et de ne pas savoir tout d’elle. Enfin, l’image que les scénaristes dressent de la femme (sexualité, victime, soumission) n’est jamais guère enthousiasmante…

Note: 13/20

Adaptation pour les nuls

BOULE & BILL 2

Vu au cinéma Acinapolis à Jambes

Sortie du film: le 05 avril 2017

Réalisateur(s): Pascal Bourdiaux

Acteur(s): Charlie Langendries, Franck Dubosc, Mathilde Seigner

Genre(s): Comédie
Durée: 1h20

Résumé: La famille de Boule mène une existence aussi heureuse que paisible. Bill est parfaitement intégré dans cette petite famille, Boule travaille bien à l’école, sa maman donne des cours de piano à domicile tandis que son père est un dessinateur reconnu. Tout bascule lorsque l’éditrice de ses bandes dessinées, bourrue et acariâtre, rejette le travail du père de Boule. Elle y voit une grosse panne d’inspiration due au fait que sa famille vit dans un bonheur très négatif sur sa créativité. Le père de Boule revient à la maison avec la ferme intention de réveiller sa famille de ce bonheur en générant un grand nombre de « bêtises ».
Boule et Bill mais aussi la maman vont également se mettre à faire dérailler ce « bonheur » familial jusqu’à l’explosion…

Signe(s) particulier(s): 

– aujourd’hui adolescent, Charles Crombez a du laisser sa place à Charlie Langendries dans le rôle de Boule, alors que Marina Foïs a laissé la sienne à Mathilde Seigner dans le rôle de la mère.

– le tournage de « Boule & Bill 2 » s’est déroulé en Belgique, notamment dans la région de Bruxelles, au mois de juin 2016.

Le(s) +

« Boule et Bill » est (déjà) la seconde adaptation au cinéma de la célèbre bande dessinée créée par Jean Roba en 1959, et reprise par Laurent Verron depuis 2003. Gentil comme tout, cette suite tente de mettre en avant une relation amicale et réciproquement bienveillante entre un chien et son maître.

Niveau casting, on retiendra surtout le rôle de Nora Hamzawi, en Diane Dufossoir, éditrice du père de Boule (incarné pour la seconde fois par Franck Dubosc), qui prête souvent à rire par ses répliques et son penchant pour les histoires malheureuses, surtout lorsqu’elle demande à son employé d’arrêter d’écrire des histoires uniquement positives sur Boule et Bill…

Le(s) –

Difficile pour ce film s’assumer son titre et ses inspirations… Cette histoire parle avant tout d’un père en quête de piment professionnel, plutôt que de Boule et Bill ! À vrai dire, cette adaptation est davantage une vitrine pour le duo Dubosc/Seigner qu’une adaptation fidèle des bandes dessinées. D’ailleurs, nombreuses sont les différences entre le film et les œuvres de Jean Roba, notamment au niveau de la profession du père de Boule, qui n’est autre que le créateur des bandes dessinées, adaptées des histoires de sa famille, de son vécu…

Le duo Dubosc/Seigner essaie de limiter la casse, mais en fait des tonnes avec leur jeu du chat et de la souris. En effet, alors que le père a décidé de tout faire pour amener son couple au divorce, c’est son épouse qui rentre dans le jeu, et tout cela pour une idée complètement dérisoire…

Que c’est triste de ressentir un tel manque d’inspiration scénaristique dans cet univers ayant bercé notre enfance, et cela malgré la richesse des intrigues qui compose les bandes dessinées. Et puis, difficile d’accepter que Boule, et son chien Bill, soient relayés en second plan dans cette aventure opportuniste.

Enfin, pas évident non plus de cibler le public destiné à cette suite, inoffensive et ennuyante pour les adultes, et inadaptée pour les plus petits. Et ce n’est pas le peu de moments de répliques et de complicité entre Boule et son chien qui vont réussir à capter leur attention… Bref, un film faible, et peu inspiré (malgré le bagage initial). Un comble pour l’adaptation d’une bande dessinée, inadaptable ?

Note: 7/20

Destin croisée hors du temps

YOUR NAME.

Vu au cinéma Cameo à Namur

Sortie du film: le 05 avril 2017

Réalisateur(s): Makoto Shinkai

Acteur(s): Ryûnosuke Kamiki, Mone Kamishiraishi, Masami Nagasawa

Genre(s): Animation, drame, romance
Durée: 1h46

Résumé: Mitsuha, adolescente coincée dans une famille traditionnelle, rêve de quitter ses montagnes natales pour découvrir la vie trépidante de Tokyo. Elle est loin d’imaginer pouvoir vivre l’aventure urbaine dans la peau de… Taki, un jeune lycéen vivant à Tokyo, occupé entre son petit boulot dans un restaurant italien et ses nombreux amis. À travers ses rêves, Mitsuha se voit littéralement propulsée dans la vie du jeune garçon au point qu’elle croit vivre la réalité… Tout bascule lorsqu’elle réalise que Taki rêve également d’une vie dans les montagnes, entouré d’une famille traditionnelle… dans la peau d’une jeune fille ! Une étrange relation s’installe entre leurs deux corps qu’ils accaparent mutuellement. Quel mystère se cache derrière ces rêves étranges qui unissent deux destinées que tout oppose et qui ne se sont jamais rencontrées ?

Signe(s) particulier(s): 

– alors que le studio Ghibli, représenté par le maestro Hayao Miyazaki, règne en maître au Japon, le studio Toho vient d’offrir un coup d’éclat à cette suprématie grâce à « Your Name », film d’animation réalisé par Makoto Shinkai;

– « Your Name » est devenu le plus gros succès animé japonais dans le monde entier battant ainsi le record détenu par « Le Voyage de Chihiro » de Miyazaki.

Le(s) +

Voilà pour le moins une histoire intrigante, baignée par la culture nippone et la beauté de son cinéma d’animation. « Your Name » fait partie des grands films qui en disent plus que leur résumé, qui épatent par leur histoire très inspirée, porteuse de sens, et audacieuse.

La mise en scène du récit est plutôt classique dans un premier temps, avec le développement en parallèle de la vie de tous les jours de Taki et Mitsuha, changement de corps oblige. Mais c’est lorsque ces changements commencent à s’estomper que le scénario de cette très jolie histoire devient très intéressant, et gagne en profondeur. Dès lors, les deux protagonistes n’arrivent presque plus à entrer dans le corps de l’un et l’autre, leurs arrivant même d’oublier le prénom de leur autre moitié… S’en suivra dès lors une quête de recherche afin qu’ils puissent s’en souvenir, et même se rencontrer dans leur propre corps, pour la première fois…

Le mystère qui se cache derrière l’histoire de Taki et Mitsuha (qui échangent leur corps à intervalles réguliers, malgré la distance et sans s’être jamais rencontrés) touche étonnamment à la notion de spacio-temporalité, à travers une histoire assez importante et lourde, soit le crash d’un astéroïde ayant détruit tout un village, et tué tous ses habitants. Mais cette notion espace-temps existe dans ce récit grâce à l’existence fictionnaire d’une divinité shinto, qui protège la région de Mitsuha, appelée « musubi » (littéralement « nœuds »), modélisée par une tresse de cérémonie traditionnelle. On peut donc dire que ce film touche à la spiritualité, et donc aux croyances nippones. Mais en quoi cette divinité intervient-elle ? Là est toute l’importance du récit…

« Your Name » appuie aussi la notion de rêve, et plus précisément ceux pour lesquels on aimerait ne jamais se réveiller (tellement ils paraissent être une réalité parfaite), ainsi que les rêves prémonitoires (mais ça c’est autre chose).

Baigné de mille couleurs étincelantes et d’une bande-originale pop-rock signée Radwips (groupe japonais ), « Your Name » vous fascinera et vous emmènera là où vous ne l’attendiez pas.

Le(s) –

Le fait que le film repose une partie de son récit sur une croyance nippone peut poser problème, jouant ainsi sur sa plausibilité, son réalisme. Et cela pourrait déranger n’importe qui ne faisant pas partie de cette culture. De plus, cette histoire est bien plus ciblée pour les adultes que pour les enfants (peut-être pour les adolescents, à la limite). Quoiqu’il en soit, le poids des propos racontés et la mise en scène jouant sur la spacio-temporalité ne peuvent être compréhensibles des plus petits. Si le film se permet pas mal d’humour (lors des différents moments d’échanges de corps), là n’est pas l’essentiel du film, qui raconte une belle et grande histoire.

Note: 16/20

Ruée vers l’or indonésien

GOLD

Vu au cinéma Cameo à Namur

Sortie du film: le 05 avril 2017

Réalisateur(s): Stephen Gaghan

Acteur(s): Matthew McConaughey, Bryce Dallas Howard, Édgar Ramírez

Genre(s): Drame, aventure, thriller
Durée: 2h01

Résumé: Kenny Wells a grandi dans le milieu des chercheurs d’or. Tout comme son père, il n’a pas peur de gravir des montagnes et de creuser le sol pour faire fortune. Mais dans un monde où le simple jeu du hasard peut faire la différence entre un milliardaire et un loser absolu, on ne peut pas dire que la chance ait souri à Kenny. Pourtant, l’homme incarne l’esprit d’entrepreneur par excellence et la foi inébranlable dans la capacité à surmonter tous les obstacles.

Il vend donc le peu qu’il lui reste et part à l’autre bout de la planète : en Indonésie. Il a la conviction qu’il va trouver de l’or dans l’une des jungles les plus denses et les plus terrifiantes du monde : Bornéo. Après s’être associé avec le légendaire géologue Mike Acosta, ils vont devoir affronter ensemble la nature, les institutions financières de Wall Street et les pires complots…

Signe(s) particulier(s): 

– c’est la troisième fois que Matthew McConaughey est à la recherche d’or ou de divers trésors, après « Sahara » (2005) et « L’Amour de l’Or » (2008);

– il s’agit de l’adaptation libre du scandale Bre-X, une société minière canadienne ayant découvert un gigantesque gisement d’or en Indonésie en 97, de sorte qu’elle ait été instantanément cotée à plusieurs milliards de dollars en Bourse, sauf que l’or n’existait pas…

Le(s) +

Même s’il n’est pas aussi impressionnant que dans le splendide « Dallas Buyers Club », Matthew McConaughey étonne une fois de plus avec un rôle qui ne le met physiquement pas à son avantage (énorme panse, crâne dégarni), qui plus est touché par la malaria pendant une bonne partie du récit… Face à son personnage très bavard, Édgar Ramírez incarne un bon contre-poids dans le rôle du chercheur d’or, réfléchissant plus qu’il ne parle, personnage clef pour le dénouement de l’histoire… Dommage que le personnage de Bryce Dallas Howard soit vite effacé, plutôt que de lui avoir fait vivre une confrontation. Mais on comprend bien son envie d’éviter d’assister à la descente aux enfers de son compagnon, Kenny Wells.

Le film commence comme une aventure en terre hostile assez réaliste et donc convaincante, avant que l’on ne sente très vite venir l’odeur du poisson pourri… Heureusement, l’ensemble est honnête, et porté par un personnage principal intéressant et possédé.

Le(s) –

Le scénario de « Gold » fait partie de la Blacklist des « meilleurs » scénarios hollywoodiens restés au placard, ce qui n’est pas une surprise, puisque l’on ressent bien qu’il date… En effet, cette quête de l’homme pour la richesse au détriment de la raison a déjà été déjà vue, en bien mieux, notamment à travers le personnage qu’interprétait DiCaprio dans « Le Loup de Wall Street », Jordan Belfort. Mais ce qui pose vraiment problème ici, c’est que le personnage de McConaughey est trop vite descriptible, et que l’on devine vite la retombée de ses actions motivées par sa soif de posséder. Autrement dit, c’est prévisible, malgré une dernière scène étonnante, mais de toute manière peu porteuse de sens.

De plus, cette histoire a été rodée, aménagée pour le bien de ce film, d’où la question qui se pose concernant de la véracité des propos qui y sont développés… Au final, si le film s’inspire d’une affaire bien réelle, elle a été transformée en une pure fiction. Pas étonnant du coup que le film ait été un temps soit peu destiné aux Oscars, puis ait vu finalement sa date de sortie repoussée pour en cacher son éviction.

Dans la quête de recherche d’investisseurs par Kenny Wells, le film aborde aussi des notions économiques et financières peu développées dans sa seconde partie, ce qui a tendance à distancer le spectateur, n’en comprenant pas tous les stratagèmes (ex: l’alliance avec un Prince indonésien, qui laisse à désirer). D’ailleurs, la seconde partie est davantage un thriller financier qu’une aventure, ce qui en soi n’est pas pour nous déplaire, mais qui ne répond malheureusement pas aux attentes, et surtout par rapport à sa première partie.

« Gold » nous livre ainsi une histoire trop linéaire et parfois confuse dans sa narration, portée par l’écriture d’un personnage dont la ligne de conduite et bien vite dictée, et souffrant de la comparaison.

Note: 12/20

Au secours, ils ont osé !

A BRAS OUVERTS

Vu au cinéma Acinapolis à Jambes

Sortie du film: le 05 avril 2017

Réalisateur(s): Philippe de Chauveron

Acteur(s): Christian Clavier, Ary Abittan, Elsa Zylberstein

Genre(s): Comédie
Durée: 1h32

Résumé: Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d’appliquer ce qu’il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve !

Signe(s) particulier(s): 

– troisième collaboration entre l’humoriste Ary Abittan et le réalisateur prolifique Philippe de Chauveron (cinq films en six ans, dont les deux Ducobu, « Départ Immédiat » et « Qu’est-ce qu’on a Fait au Bon Dieu? »);

– l’idée « d’À bras Ouverts » est réellement venue aux scénaristes Guy Laurent et Marc de Chauveron (le frère du réalisateur) en regardant un débat télévisé;

– à la base, le film devait s’intituler « Sivouplééé », mais cela a été modifié suivant de vives polémiques concernant des moqueries envers Roms;

– François Damiens devait interpréter le rôle finalement tenu par Ary Abittan, tandis qu’Anne Dorval devait incarner celui de l’épouse de Christian Clavier, finalement destiné à Elsa Zylberstein.

Le(s) +

L’énergie que dégage le casting de cette « comédie » étonne vis-à-vis de l’écriture de ses personnages, Clavier en premier lieu. Et puis, voir Babik, le personnage d’Ary Abittan appeler celui de Clavier « Bras Ouverts », alors qu’il n’en est rien, c’est plutôt succulent…

Le(s) –

Une semaine après « Gangsterdam » (de R. Lévy), le cinéma français accouche d’une nouvelle honte, et publicité pour le racisme, soit le mal nommé « À Bras Ouverts ». Dans ce film (qui arrive à point pour les élections), Christian Clavier et Elsa Zylberstein interprètent le couple Fourgerole, des bourgeois de gauche, retranchés dans leur villa à l’abri de tout problème. Enfin, ça, c’est uniquement sur papier, puisque le personnage de Clavier a bien du mal à assumer les idées de son livre (intitulé « À Bras Ouverts »), face à son adversaire de droite, ce dernier lui lançant, lors d’un débat télévisé, le défi de prouver ses dires aux yeux du public, en accueillant des Roms chez lui… S’en suivra évidemment un florilège de stéréotypes sur ces gens du voyage, lesquels se sont installés dans le jardin des Fougerole.

On apprend notamment par ce film que les Roms sont sales, qu’ils volent, qu’ils crient tout le temps, qu’ils chantent sans cesse des « classiques » français, qu’ils chassent à main nue des taupes, qu’ils mangent dès lors de la taupe, etc. Bref, dans le genre, c’est un festival qui doit bien faire rire la droite… Et puis, ce qui dérange énormément, aussi, c’est l’hypocrisie que dégage la bourgeoisie, malgré son discours engagé.

On a du mal à comprendre comment un tel film peut avoir vu le jour, vu sa bêtise et son discours déplacé, bafoué pour le « bien » de l’humour et du spectacle. Alors non, l’image des Roms n’y est pas caricaturale, elle y est totalement fausse.

« À Bras Ouverts » n’est pas un film marrant, mais très affligeant. Après le « viol cool » de « Gangsterdam », et maintenant les Roms, le cinéma français prouve qu’il ne peut pas rigoler de tout, où surtout qu’il n’est décidément pas capable de rigoler de sujets sensibles avec respect. Après, tout est une question d’écriture, car certains y arrivent…

Note: 6/20

Maintenant, à vous de faire votre (vos) choix !

En attendant, on se retrouve fin de semaine pour une nouvelle semaine ciné de Julien, afin de vous parler des sorties du 12 avril, que sont « Fast & Furious 8 » (de F. Gary Gray), « La Vallée des Loups » (de J.-M. Bertrand), « La Jeune Fille et son Aigle » (de O. Bell) et « C’est Beau la Vie Quand On y Pense » (de G. Jugnot) ! 

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