La gazette du BIFFF #9 : entre un fantôme de Canterville bien pâlot et un Alex de la Iglesia en demi teinte, le Bifff referme ses portes

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 35e  festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, photos, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Première gazette, ici : Ouverture du festival 2017 en mode zombie avec The Girl with all the Gifts

Deuxième gazette, ici : Horreur, thriller, fusillades et humour noir, le festival est sur les rails

Troisième gazette, ici : Où l’on cause de prise d’otage diabolique, de mythes et légendes, de métamorphose et d’un rituel occulte

Quatrième gazette, ici : Entre chasse à l’homme, vengeance implacable et pets salvateurs, le BIIF tourne à plein régime

Cinquième gazette, ici : entre chefs d’oeuvre essentiels , bons films et gros nanars vite oubliés, le BIFFF est rentré dans sa vitesse de croisière

Sixième gazette, ici : où se succèdent exorciste allumé, tueur en série, robots révoltés, action survitaminée, pelage peu ragoutant, thriller glaçant et interactivité

Septième gazette, ici : Golem, morgue pas très calme, déesses celtiques, révolte, hypersomnie, de serial killer et de voyage dans le temps : quoi de plus (sur)naturel au menu du BIFFF

Huitième gazette, ici : Une nuit fantastique déjantée, un lion mangeur d’hommes, un tueur de démons, des tueurs à gage et des bras cassés à la pelle, le BIFFF déroule sa pellicule

Voilà, le BIFFF 2017 c’est fini ! Au total 150 films présentés au public, une augmentation substantielle du nombre de visiteurs, 250 personnes qui ont travaillé au bon déroulement de l’évènement et beaucoup d’invités. Un bon cru ? Je serais tenté de répondre oui, même si cette édition ne regorgeait pas de chef d’oeuvres, et que les bons films alternaient avec les nanars habituels dont on rit de bon coeur dans une ambiance un peu folle caractéristique à notre festival préféré. Je vous détaillerai le palmarès un peu plus loin dans cette gazette, mai sachez déjà que le Corbeau d’Or a été attribué à Safe Neighborhood de Chris Peckover et que c’est tout à fait justifié.

Pour cette journée de clôture j’ai décidé de me farcir (le mot est bien choisi) Le Fantôme de Canterville de Yann Samuell au Ciné 2 dans une séance qui s’apparente plus à une matinée enfantine qu’à une programmation du BIFFF.

Synopsis : Une vieille légende bretonne raconte que le château de Canterville serait hanté par un fantôme. Mais, plus qu’un mythe, c’est une véritable malédiction que se coltine le fantôme d’Aliénor de Canterville : condamnée à secouer son suaire devant les rares téméraires qui osent s’aventurer dans le manoir, Eleanor a fini par y prendre goût, aidée dans sa tâche par son fidèle serviteur Gwilherm. Mais à force de se reposer sur ses lauriers, elle a un peu perdu la main, Aliénor. Et lorsqu’une famille de parigots pur jus emménage dans le manoir, elle va très vite se rendre compte à quel point elle est devenue une ringarde de la frousse : les parents l’ignorent royalement, tandis que les gosses la ridiculisent dès qu’ils en ont l’occasion. Sauf la jeune Virginia qui, émue par le sort de la dame, lui propose un deal : en échange d’un rapide tuto sur la pétoche du 21e siècle, Aliénor s’engage à faire ses exercices pratiques sur la famille de Virginia, jusqu’à ce que celle-ci foute le camp de ce bled paumé !

Mais qu’est-ce que c’est que ce public insupportable (et je ne parle pas des enfants, plutôt des adultes qui les accompagnent) totalement différent du public habituel, qui s’offusque à la moindre réflexion lancée avec humour par les habitués du festival, qui ronchonne lorsque vous consultez votre portable pendant dix secondes pour lire un sms, mais qui n’hésite pas à déranger fréquemment et ostensiblement sans aucun respect toute une rangée car le petit ou la petite a un besoin pressant. Cet après-midi au BIFFF, on se croyait dans une autre dimension. Finie la bonne humeur habituelle, place un public familial sérieux comme un pape digne d’un dimanche après-midi à Kinepolis .  Et le film ? Quel film ? On a vu un film ? Moi je n’ai vu qu’une daube épouvantable, ennuyeuse à mourir dont le pseudo humour franchouillard n’a dû faire rire que ses auteurs, et encore. Décidément la comédie au cinéma en France est tombée bien bas au point que la pitrerie nullissime a remplacé les dialogues savoureux que nous concoctaient à la grande époque des auteurs de génie comme Michel Audiard, Françis Weber ou Jean Poiret. Il n’y a rien à sauver dans ce Fantôme de Canterville, Michael Youn en fait des paquets, Audrey Fleurot est belle, Lionel Astier assure le service minimum et même Michèle Laroque, habituellement excellente participe au naufrage de cette grosse farce sans âme qu’on peut facilement qualifier du titre du plus mauvais film que j’ai pu voir au festival. À fuir !

Le Fantôme de Canterville (2016)

Réalisateur : Yann Samuell

Avec : Audrey Fleurot, Julien Frison, Lionel Astier, Mathilde Daffe, Michaël Youn, Michèle Laroque, Nicole Shirer, Sarah Ber

Origine : France

Genre : comédie , fantômes

Durée : 105 min

Note : 4/20

C’est avec le nouveau Alex de la Iglesia, THE BAR que se clôture cette l’édition 2017.

Synopsis : En ce début de matinée à Madrid, Elena a deux préoccupations essentielles : savoir si elle va coucher dès le premier soir avec le rendez-vous galant qui l’attend et, ensuite, trouver très vite un endroit afin de recharger son téléphone portable. Comme ce bar, au coin de la rue, tiens… Bon, l’établissement crie famine au niveau de l’accueil, avec ses murs aux teintes de vomi de la veille, sa taulière acariâtre et sa faune de paumés ; mais la jeune femme n’a guère le choix et reste à distance raisonnable de cette cour des miracles adossée au zinc. L’un des clients quitte alors le bar et se fait brusquement exploser le caisson en plein milieu du trottoir ! Dehors, la panique est générale, tandis que les piliers de comptoir se collent à la vitre. L’un d’entre eux, n’écoutant que son courage, décide de se ruer dehors pour sauver la victime, mais il se retrouve lui aussi avec le cerveau qui prend l’air. Dans le bar, les rescapés se planquent aussi sec, hurlent au sniper embusqué, à l’attaque terroriste, dévisagent les clients à la pilosité brusquement idéologique ; mais aucun d’entre eux ne remarque une chose beaucoup plus inquiétante : dehors, les cadavres ont disparu

Le savoir faire d’un réalisateur comme Alex de la Iglesia est indéniable et son film est mené de main de maître, mais au final je ne trouve pas que The Bar soit un grand cru. On a du mal à s’attacher aux personnages tous peu reluisants et après une première partie passionnante en huis clos, le film se poursuit et s’enlise avec des individus qui se retrouvent dans la merde au propre comme au figuré (je ne vous en dit pas plus, la suite à l’écran).  The Bar est un film suffoquant, dérangeant et pessimiste au terme duquel on se demande bien où le réalisateur a voulu en venir. Et la fin du film plutôt éliptique nous laisse aussi sur notre faim. Les fans du réalisateur espagnol ont sans doute aimé, mais personnellement je n’ai pas été conquis.

 The Bar (2016)

Réalisateur : Alex de la Iglesia

Avec : Alejandro Awada, Blanca Suarez, Carmen Machi, José Sacristán, Mario Casas, Secun de la Rosa, Terele Pávez

Origine : Espagne

Durée : 102 min

Genre : black comedy, thriller

Note : 11/20

Avant de vous quitter je reviens quelques instants sur le palmarès de cette édition 2017 avec la victoire de l’excellent Safe Neighborhood et aussi les prix attribués à At The End Of the Tunnel de Rodrigo Grande et à Small Town Killers de Ole Bornedal qui m’ont tous les deux hautement convaincu. Je vous quitte donc avec le palmarès 2017 que je vous invite à découvrir en image.

A l’année prochaine du 3 au 15 avril 2018, pour une nouvelle gazette du BIFFF !

 

Un commentaire

  1. Une simple remarque en passant : est-ce que le cinéma (Bifff compris) ne pourrait pas fonctionner comme le théâtre ou l’opéra et qu’on arrête d’y consulter son gsm/smartphone pendant le spectacle ? Sérieux, même les personnes intoxiquées à la cigarette tiennent 90 minutes sans leur drogue, je suis sure que les accrocs du gsm peuvent le faire aussi 😀 (Et s’il s’agit d’interagir avec un ami qui est en retard, eh bien il n’avait qu’à être à l’heure ! C’est à se demander comment on faisait avant les gsm ?? Pour info non je n’ai pas 85 ans, et oui je connais l’ambiance du Bifff, j’y vais depuis plus de 20 ans)

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