Alix Senator, le hurlement de Cybèle, le corps et le sang du… fils

Après un quatrième tome en-dessous de ce à quoi nous avait habitué ce reboot grisonnant (intéressant à l’heure où le monde de l’édition et du cinéma ont plutôt tendance à vouloir rajeunir leurs héros), le Sénateur Alix reprend du poil de la bête. Ou plutôt non, le voilà obligé de se cantonner à être un second-rôle pour laisser les coudées franches aux gamins. Khephren et Titus qui, dans le giron de Valérie Mangin et de Thierry Démarez, vont au-devant de graves ennuis. Qui tente d’en savoir plus que la gardienne des savoirs, Cybèle, le fait à ses risques et périls. On va essayer de vous mettre l’eau et l’horreur à la bouche sans spoiler!

© Mangin/Demarez/Chagnaud chez Casterman
© Mangin/Demarez/Chagnaud chez Casterman

Résumé de l’éditeur: Rome, an 12 avant J.-C. L’empereur Auguste est tout-puissant. Alix a plus de 50 ans. Il est sénateur. Khephren s’est emparé du terrible secret caché dans les livres sibyllins. Une mystérieuse Cybèle d’orichalque accorde le pouvoir et l’éternité à ceux qui viennent l’adorer. Le jeune Égyptien en est persuadé, c’est lui qu’elle attend. Mais pour cela il doit encore se rendre en Asie Mineure pour forcer les portes du grand sanctuaire de la déesse et affronter les galles, les prêtres qui se sont consacrés à elle dans le sang. Quel sort Cybèle réservera-t-elle aux profanateurs ?

©Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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À coup sûr, ce cinquième opus fera figure de tournant dans la série parallèle développée par Mangin et Demarez. C’en est fini de l’innocence, de l’insouciance, du « tout est bien qui finit bien » même entre les chiens et les loups, les bas instincts et les envies de grandeur d’une Rome qui vit encore ses balbutiements de cité impériale. Pourtant, cette fois arrive le changement implacable, le final trempé dans l’horreur qui n’a rien à envier aux séries type « The Walking Dead » qui va conditionner le reste de la série.

©Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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Pas besoin de Pythie pour prédire qu’Alix Senator, après avoir côtoyé ce qui ressemble à s’y méprendre à une secte, va entrer dans une autre dimension, plus forte car désormais le lecteur peut s’attendre à tout et Valérie Mangin semble avertir qu’elle ne reculera devant rien, quitte à devenir la plus grande méchante (au diable le Numa Sadulus retrouvé avec plaisir dans le quatrième épisode et qui, à côté du plan machiavélique de la scénariste, passerait pour une petite frappe mal inspirée) de la série et à torturer ses héros.

©Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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Mais inutile d’en dire plus sur ce final inattendu, profitons-en pour parcourir un peu plus cet album au cheminement remarquable. Exit Alix qui chevauche un peu plus loin de Pessimonte et en est réduit à jouer les caméos de luxe (s’il apparaît dans trente cases de cet album, c’est bien) pour laisser ses enfants faire leurs armes et se croire plus grands et plus adultes qu’ils ne le sont. C’est le temps de la séduction, pour l’un, et celui où l’envie de tuer le faux-père (et le vrai-traître, croit-il) prend le dessus, pour l’autre.

©Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
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Des métamorphoses qui ne pouvait mieux s’implantant dans cette cité d’Asie Mineure où s’épanouit le drôle de culte de la déesse phrygienne Cybèle. Il y a des cris la nuit, de drôles d’adorateurs et des temples imposants dont Thierry Démarez s’empare avec virtuosité. Dans l’atmosphère, on frôle le drôle de monde, sans pitié, d’une Aria, par exemple. Et si l’on sort groggy (à défaut d’avoir trouvé le mot latin pour le signifier) par ce hurlement de Cybèle, on se trouve fort heureux de voir cette série s’émanciper des dogmes « Martiniens » et prouver qu’après tout rien n’est immuable. Reste à espérer que les augures ne se sont pas trompés et qu’Alix Senator continuera à nous surprendre et à nous glacer le sang de la sorte!

©Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman
©Mangin/Démarez/Chagnaud chez Casterman

PS: et comme on ne change pas les bonnes habitudes, le site d’Alix Senator continue d’alimenter son encyclopédie pour déduire le vrai et le faux de cette nouvelle aventure. Bien fait et très instructif.

alix-senator-t-5-hurlement-de-cybele-mangin-demarez-chagnaud-couvertureSérie: Alix Senator

Tome: 5 – Le hurlement de Cybèle

D’après l’univers créé par Jacques Martin

Scénario: Valérie Mangin

Dessin: Thiérry Démarez

Couleurs: Jean-Jacques Chagnaud

Genre: Histoire, Aventure

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 48

Prix: 13,95€

Date de sortie: le 16/11/2016

Extraits:

 

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