The theory of everything, le triomphe de la vie!

Le cinéma ne peut définitivement plus se passer des biopics. Après Grace de Monaco, Lady Di ou encore Yves Saint Laurent; c’est au tour du cosmologiste Stephen Hawking d’y passer, dans le très remarqué Theory of Everything. Un film ponctué de quelques erreurs, mais qu’il serait injuste de dénigrer.

1963, étudiant en cosmologie à Cambridge, le jeune Stephen Hawking et entend élaborer une théorie qui répondrait à toutes les questions tournant autour de la création de l’univers. Brillant et déterminé, le jeune homme va cependant se heurter à quelques chose qu’il ne connait pas: l’amour. Mais très vite, un gigantesque obstacle va obscurcir la vie de ce garçon encore dans la fleur de l’âge: une maladie incurable, connue sous le nom de dystrophie neuromusculaire. Commence alors un combat acharné pour la vie, pour l’amour mais aussi pour la science.

388332.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxTheory of Everything fait partie de ces films, un peu longs, qui au final laissent leurs spectateurs sur leur faim. L’histoire est, certes, à la fois magnifique et bouleversante, la performance d’Eddie Redmayne étant réellement impressionnante et la réalisation bien belle. Pourtant quelque chose ne colle pas dans ce biopic, un peu trop lisse peut-être. En effet, les faux pas ne sont pas nombreux dans ce film, mais ils auraient DU être évité! La première erreur est indéniable: l’histoire originale est longue mais le film aurait pu être plus court. Et ainsi éviter les moments creux où le spectateur voit vite l’ennui arriver. La seconde erreur, la plus dérangeante, réside dans les deux interprètes principaux (Eddie Redmayne et Felicity Jones). Leur jeu est vraiment très juste et intelligent, là n’est pas le problème. Mais plutôt que ce précieux temps, si cher à Hawking, ne semble en rien les affecter. Tous les autres protagonistes vieillissent mais pour ce qui est de Jane et Stephen, aucune ride ne viendra sillonner leurs beaux et jeunes visages. Si l’histoire ne s’étalait que sur dix ans, cela ne serait pas dérangeant. Mais passé trente ans, la jeunesse des acteurs devient difficile à avaler.

596198.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxHeureusement, passé ces quelques désagréments, le film se révèle tout de même incroyablement réussi. La réalisation est magique; on sent un grand travail sur l’esthétique, dans les décors mais aussi les lumières qui donnent naissance à une image presque rayonnante. À noter que les passages filmés en Super 8 donnent au film un charme vintage très appréciable.

Theory of Everything MovieAutre point positif ; l’adaptation. Porter sur écran la vie de Hawking n’était pas chose facile. Néanmoins, James Marsh a réussi. L’amour, le combat, la souffrance, le courage; tout s’y retrouve dans une justesse impressionnante qui fait évoluer le film, le tire, tel un funambule sur sa corde, sans tomber ni dans l’effervescence de bons sentiments, ni dans la froideur du manque de sentiment.

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Enfin, l’atout magistral de ce film est inévitablement Eddie Redmayne qui offre une prestation d’une intelligence inouïe, vibrante d’émotion. Mais attention, l’acteur pousse son génie au point que jamais le spectateur ne tombe dans la complaisance. Eddie Redmayne joue autant avec son visage qu’avec son corps. Se paralysant de plus en plus, ce corps se retrouve très vite prisonnier d’un fauteuil roulant mais ce n’est pas le désespoir qui se lit sur le visage de l’acteur. C’est une joie insatiable, de vivre et d’apprendre couplée, à une malice qui illumine le regard d’un acteur talentueux. Son sourire marque le spectateur qui une fois sorti de la salle ne peut s’empêcher de se le remémorer comme symbole d’un combat pour la vie. Une icone comme peut le demeurer cet incroyable génie d’Hawking. La prestation de Redmayne mérite donc tous les éloges. Un Oscar même ?!

14/20

Par Alizée Seny

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The Theory of Everything (2015), de James Marsh. Avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, David Thewlis, Tom Prior.

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