La Gazette du BIFFF 2026 #7 : un polar espagnol passionnant et nerveux en guise de bonne surprise, un sifflet tueur dégomme des ados, une assistante mortuaire perdue dans un scénario bancal et une bouse cinématographique en guise de dessert pour finir la journée

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFFTout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Vendredi 10 avril, le BIFFF atteint sa vitesse de croisière et ça va être une grosse journée en ce qui me concerna car mon premier film est à 16h15 et le dernier à 00h30.

On démarre avec :

LUGER de Bruno Martín ( Espagne – 2025 )

Vous avez des clients qui rechignent à payer ? Un sale boulot qui risque de faire craquer des articulations à sec ? Pas de souci : Rafa et Toni sont là pour vous. Ce matin, nos deux malabars ont une mission de routine commanditée par Angela, une avocate pour cols blancs. Récupérer la Mustang volée d’un certain Juan, distribuer quelques baffes au passage et se poser pour un petit cafecito bien serré. Sauf que rien, mais absolument rien, ne va se passer comme prévu, et la découverte d’un Luger planqué dans un coffre-fort, lui-même posé dans le coffre de la fameuse bagnole va déchaîner l’enfer dans le zoning…

Le film se présente comme un thriller nerveux et jouissif avec un rythme effréné qui ne laisse aucun répit et peut se comparer au style de Guy Ritchie ou Quentin Tarantino pour son mélange d’action brutale et d’humour noir.

Le duo principal formé par David Sainz (Rafa) et Mario Mayo (Toni) est au top pour son alchimie et sa répartie, apportant une dimension humaine et comique au milieu de la violence.

Il faut aussi souligner une esthétique visuelle soignée et des scènes de combat brutes et viscérales.

L’intrigue commence comme une comédie de voyous avant de prendre un tournant inattendu, qui explore des thèmes plus profonds comme la loyauté, la survie et l’héritage historique lié à la relique nazie (le pistolet Luger) trouvée dans le coffre.

Une fois encore le cinéma espagnol nous prouve qu’il est devenu un beau vivier de talents pour nous proposer des films de grande qualité.

Une excellente surprise !

Note :   16/20

Je fais l’impasse sur le film de 18h15 et cette fois place à 20h30 à :

WHISTLE de Corin Hardy ( Irlande, USA – 2026 )

Oui, nous nous retrouvons une fois de plus dans l’un des environnements les plus dangereux créés par le monde moderne : un lycée, quelque part aux États-Unis. Alors, pas de fusillade de masse, mais un ancien sifflet aztèque qui a la mauvaise idée de tomber entre les mains d’une bande de lycéens marginaux. Serait-ce le Saint-Graal pour faire grimper leur cote de popularité ? Est-ce que quelqu’un a vérifié si ce sifflet avait une page Wikipédia ? D’éventuels effets secondaires ? Bien sûr que naaaan !!! On va tous siffler dedans et mettre ça sur Tik Tok, comme d’hab’, quitte à comprendre – un peu tard, certes – que l’espérance de vie moyenne chez les jeunes reste somme toute très aléatoire…

Le film propose des scènes de mort inventives et sanglantes qui raviront les amateurs de gore, et le design sonore, notamment le cri strident du sifflet aztèque, est jugé particulièrement angoissant.

Dafne Keen et Sophie Nélisse assurent comme il faut, apportant une dimension émotionnelle et une romance queer ( plus de film aujourd’hui sans qu’on y retrouve une touche queer !) rafraîchissante au genre. 

On peut comparer le film à un mélange de Destination FinaleTalk to Me et Smile, sans qu’il ne révolutionne vraiment les codes du genre. Le scénario suit une trame très classique du film d’horreur pour adolescents, avec des personnages souvent stéréotypés, s’essouffle dans son deuxième acte plus lent  avec des choix de personnages qui facilitent  trop l’intrigue au détriment du réalisme.

La fin du film sombre dans le grand guignol et prête parfois plus à sourire qu’autre chose.

Visiblement le film est clivant, quelques sifflets se sont mêlés aux applaudissements lors du générique de fin.

Un film de plus à ajouter au genre, vite regardé, vite oublié !

Note :   12/20

Il est 22h30, l’heure de visionner :

MORTUARY ASSISTANT de Jeremiah Kipp (USA – 2026)

La jeune Rebecca est un être exceptionnel : elle est jeune et elle a un job ! Cette anomalie de la nature capitaliste vient d’être engagée aux pompes funèbres de River Fields. Un job de nuit pépère où elle embaume les cadavres. Alors, ça cause pas des masses, mais c’est calme. Jusqu’au soir où elle découvre à son insu que son nouveau patron a oublié de lui parler de la clause “possessions et rituels démoniaques”. Du coup, ça va être moins calme…

 

 Willa Holland (Rebecca) fait ce qu’elle peut dans ce métrage pour apporter une crédibilité émotionnelle à son rôle malgré un scénario particulièrement faible. Paul Sparks (Raymond) et son jeu rigide n’est absolument pas convaincant.

Les jump scares sont prévisibles, et le sentiment de terreur inexistant pour servir une histoire au scénario confus voire incompréhensible et maladroit;

Bref on s’ennuie beaucoup devant ce métrage absolument pas passionnant dont certaines scènes sensées être effrayantes prêtent même à sourire.

Pour ma part j’ai tenu le coup un peu plus de soixante minutes assez quelconques, avant de jeter l’éponge et de quitter la salle pour aller boire un petit café, ce qui est toujours mieux qu’un mauvais film.

A éviter !

Note :  08/20

Et pour finir la soirée en beauté ( si j’ose dire) un film annoncé comme particulièrement dérangeant ( ou dérangé !) :

FUCK MY SON! de  Todd Rohal ( USA – 2025 )

Avec son titre explicite qui fait également office de scénario, nul besoin de s’étendre sur les subtilités de la dramaturgie de cette proposition à haute teneur déviante. Mais, pour vous donner quand même une idée de ce que vous vous apprêtez à voir, voici quelques avis à chaud de la presse internationale: “aucune qualité rédemptrice et une abomination”, “Pour ceux qui apprécient les films qui poussent les boutons jusqu’à ce que toute la console explose, c’est un événement à ne pas manquer”, “Si un film TROMA avait un enfant avec un film de John Waters, il ressemblerait à ça”, “C’est scandaleux, dégoûtant et absolument pas pour vous — à moins, bien sûr, que ça le soit”, “Une guerre contre le bon goût”

Ca promettait !

Une mère désespérée tente par tous les moyens, même les plus glauques, de faire perdre sa virginité à son fils mutant.

Le film est connu pour être l’un des plus provocateurs et dégoûtants de ces dernières années, et repousse les limites de l’acceptable.

Il a été décrit comme le film « le plus dégueu jamais programmé », et il est vrai que cette déjection cinématographique n’apporte rien d’autre que du dégout, malgré quelques moments qui déclenchent le rire car nous sommes au BIFFF et tant on se dit que le curseur est poussé tellement loin que seul le rire permet d’atténuer l’abject.

Cette comédie horrifique a été classée X pour son contenu démentiel, et à sa vision on se demande tout de même quel esprit dérangé a pu investir du pognon et envisager de tourner une telle bouse absolue.

Seule la courte introduction du film qui le précède pour en donner les codes de vision ( environ 10 minutes, ma cote sera donc attribuée au prorata de celle ci) vaut le coup d’oeil car ici l’humour est bien présent.

Bref, un film sans aucun intérêt autre que choquer gratuitement et mettre un court faisceau de lumière sur un réalisateur sans talent sans doute frustré que personne ne se soit intéressé à lui, à juste titre !

Beurk.

Note :  02/20 ( pour la scène d’intro)

Voilà cette Gazette est terminée, à très bientôt pour la prochaine, toujours sur Branchés Culture.

Jean-Pierre Vanderlinden

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