La Gazette du BIFFF 2026 #6 : les dérives de l’intelligence artificielle et des deepfakes, un régime minceur à base de cendres humaines plutôt répugnant et un home pour personnes âgées qui se transforme en fiesta sanglante

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFFTout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Jeudi 9 avril, le soleil brille et certains festivaliers ont pris place sur les chaises longues alignée non loin de la zone des foodtrucks. Même si la principale activité du festival se déroule dans les salles obscures, revoir un rayon de soleil est toujours bien agréable.

Ma journée commence à 16h30 par :

APPOFENIACS de Chris Marrs Piliero (USA-2025)

Voici le petit intermède pédagogique: l’apophénie est “ l’altération de la perception, qui conduit un individu à attribuer un sens particulier à des événements banals en établissant des rapports non motivés entre les choses”. Un super joker au Scrabble, aussi. Mais, dans cette histoire, c’est surtout les conséquences funestes et sanglantes des bidouillages d’une enflure nommée Duke. Obsédé par l’IA et les deepfakes, Duke utilise ces outils pour se venger de toutes les personnes qu’il n’apprécie pas. Faire croire à l’un que sa copine fait des extras (conjugaux) avec une fausse vidéo, faire passer l’autre pour une raciste patentée… Une photo, une appli et le tour est joué, peu importe le bain de sang qui suivra… 

Appofeniacs est un premier long-métrage audacieux et trépidant, même s’il divise par son style excessif et ses influences marquées. Il explore les dérives de l’intelligence artificielle et des deepfakes, en traitant le sujet avec une horreur ancrée dans la réalité technologique actuelle.

Il est clair que le film s’inspire très (voire trop) lourdement du style de Quentin Tarantino, particulièrement de Pulp Fiction, via sa structure non linéaire et ses personnages qui s’entrechoquent.

On peut déplorer une esthétique  un peu cheap et un humour parfois considéré comme assez lourd mais on passe tout de même un bon moment malgré une fin abrupte assez surprenante.

Note : 12/20

Ensuite à 18h30 on enchaine avec :

SACCHARINE de Natalie Erika James ( Australie -2025 )

Si en France ils ont « Comme J’aime », aux States ils ont encore mieux ! C’est ce que va découvrir Hana, jeune étudiante en médecine légèrement complexée par son poids : une pilule miracle qui évite les brocolis vapeur à chaque repas et la torture du Pilates en lycra des salles de sport. Le seul hic, c’est son prix à 5000 dollars le sachet… Aussi finaude que fauchée, Hana décide d’analyser le contenu de ces fameuses pilules et découvre qu’il s’agit de cendres humaines. Un bonheur n’arrivant jamais seul, Hana se dit qu’elle peut piquer un peu de matière première sur le cadavre de la grosse Bertha qu’elle dissèque pendant ses cours pratiques ! Elle pourra désormais sniffer des restes humains à un tarif imbattable, et aura même droit à un supplément d’âme qui viendra bouffer son corps de l’intérieur.

Le film est un mélange de comédie et de body horror avec des images frappantes et du gore, qui évoquent un style mauvais esprit.

On peut apprécier la mise en scène mais à part ça le film est fort répétitif malgré une bonne performance des effets spéciaux et ça durée ( quasi 120 minutes) est excessive. Et personnellement je me suis pas mal ennuyé devant cette expérience intense mais souvent répugnante.

Ok le film explore la pression sociale sur le poids, la dysphorie corporelle et la critique des régimes extrêmes, le tout teinté d’une ambiance queer, mais les excès en tout genre souvent gratuits en font une oeuvre malaisante et glauque qui n’apporte pas grand chose d’autre que du dégoût.

A réserver donc aux amateurs de scènes assez dégueulasses, d’éviscérations et de gore gratuit.

Beurk !

Note : 08/20

Screenshot

20h30, il est temps de passer au film suivant :

THE HOME de James DeMonaco

Délinquant à la petite semaine, Max vient à nouveau de se faire choper par les flics pour avoir laissé son art s’exprimer sur un mur peu consentant. Pour éviter de passer par la case prison, il accepte à contrecœur des travaux d’intérêts généraux, et se retrouve propulsé concierge dans la maison de retraite Green Meadows. Le job est pépère, les locataires sentent un peu la naphtaline mais ils sont sympas. Un peu bizarres, parfois. Et puis, il y a cette interdiction formelle de monter au quatrième étage. Et ces cris nocturnes glaçants qui se répercutent dans les conduits. Fuite urinaire monstrueuse ? Dentier explosé ? Max est curieux. Il ne devrait pas…

On peut saluer l’idée de transformer une maison de retraite en huis clos horrifique pour son potentiel et son originalité.

Certains trouveront une certaine lenteur de mise en place au début du film , du répétitif avec les séquences de rêves et une difficulté à instaurer un climat de peur au profit d’une ambiance plutôt inquiétante, néanmoins le film fonctionne avec une montée en puissance qui va crescendo servie par quelques bonnes séquences, les scènes où le réalisateur filme les couloirs du home sont assez convaincantes.

Et pour clôturer le tout, la fin du film est une réussite visuelle, un « festival sanglant » complètement fou et jouissif.

Du bon cinéma de genre !

Note : 14/20

C’est fini pour aujourd’hui, rendez vous dans le prochain numéro pour de nouvelles aventures cinématographiques dans la Gazette du Bifff .

Restez branchés !

Jean-Pierre Vanderlinden

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