La Gazette du BIFFF 2026 #4 : un gamin qui découvre une onde vibratoire, une robe maléfique, un formidable film de karaté-mafia palpitant et une fable gothique et queer gentille mais longuette

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFFTout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Quatrième et cinquième jour du BIFFF, cette fois on est bien dans le rythme et les films se succèdent avec plus ou moins de bonheur en fonction des goûts de chacun.

Comme toujours j’ai effectué une sélection qui est totalement subjective, et mes critiques le sont aussi et ne constituent donc pas l’évangile. Vous ne serez sans doute pas toujours d’accord avec moi et c’est une bonne chose d’ailleurs, mais si certaines vous donnent envie de découvrir des films, c’est gagné !

J’ai fait l’impasse sur la chasse aux yeux organisée pour les enfants et leur familles en ce début d’après midi du 6 avril, ainsi que sur le dessin animé qui avait l’air pourtant bien sympa, Biscuit le chien fantastique. On ne peut pas tout voir, et comme dirait l’autre choisir c’est renoncer.

Ma journée du lundi de Pâques commence donc  avec un autre film « familial »:

KYMA de Romain Daudet-Jahan à 16h30 (France – 2025)

Tony, un adolescent passionné par les animaux, voit son existence bouleversée lorsqu’il rencontre dans son village une créature mystérieuse : la Kyma, onde sonore vivante capable de briser la matière. Avec l’aide de ses deux meilleurs amis, Tony tente de l’apprivoiser, sans mesurer le danger qu’elle représente. Très vite, ils découvrent qu’ils ne sont pas les seuls à s’y intéresser : une organisation secrète est déjà sur ses traces…

Mouais, c’est un petit film sympa, qui nous rappelle l’époque de chefs d’oeuvre comme The Goonies ou E.T. mais ici on est loin de compte. Le film, qui suit des adolescents explorant un hôpital désaffecté avant d’être confrontés à un phénomène ondulatoire étrange, a principalement circulé jusqu’ici dans les festivals de genre.

L’idée de départ est originale, mais ça sent méchamment le manque de moyens et cette entité vibratoire et donc invisible est une bonne excuse pour tourner à pas trop cher et économiser sur des effets spéciaux qui sont sommes toute pas trop compliqués et plutôt répétitifs sur la longueur du film.

L’histoire démarre bien mais s’enlise un peu ensuite et on n’est pas vraiment séduit par les personnages peu aprofondis et encore moins par cette entité non matérielle à laquelle le héros s’attache.

Bref c’est un film sympathique, certainement fait avec le coeur et beaucoup de bonne volonté mais qui ne restera sans doute pas à une place d’honneur dans la mémoire collective.

Note :  10,5/20

Ensuite place à

EVIL DRESS de Jacob Santana

( Espagne – 2026)

Après un divorce particulièrement houleux, Alicia décide de prendre un nouveau départ avec sa fille Carla. Faute de moyens, elles doivent se rabattre sur une baraque un peu vétuste, mais l’endroit a du cachet et la voisine est charmante, même si elle refuse de passer le pas de la porte. Elle a même apporté une bible en guise de cadeau en leur souhaitant bonne chance ! Sympa, non ? Évidemment, la petite Carla est impatiente de découvrir la maison, surtout ce grenier qui craque et qui regorge de vieilles babioles. Surtout cette robe bleue là, qui lui fait de l’œil…

Disons le tout de suite le cinéma de genre espagnol est souvent un gage de grande qualité , mais ici on est face à un film qui se classe plutôt en seconde zone, l’intrigue étant assez classique et la fin assez décevante et « tirée par les cheveux ».

Dans la mode et la pop culture, la « robe maléfique » est un code visuel puissant qui utilise souvent le noir, le rouge profond et des textures riches comme le velours ou la dentelle. Le réalisateur en joue indubitablement, mais ce récit malgré une durée de film assez courte de 76 minutes souffre néanmoins de pas mal de longueurs et de scènes répétitives peu captivantes.
Les actrices jouent bien et la photographie est bien maîtrisée, mais est ce assez pour en faire un film qu’on mettrait dans le haut du panier? a mon humble avis, non.
Note :   11/20
Et pour terminer la journée un film qui semble augurer de bonnes choses et dont j’attends beaucoup :
THE FORBIDDEN CITY de  Gabriele Mainetti (Italie – 2025)
À Rome, dans le quartier rustique de l’Esquilino, on est bien au courant du clash des cultures culinaires. Marcello est cuistot dans une trattoria traditionnelle et, non seulement, il doit lâcher quelques biffetons à la Mafia locale, mais il doit aussi se coltiner la concurrence des buffets à volonté chinois. Est-ce que l’arrivée soudaine de Wei, débarquée clandestinement à Rome pour retrouver sa soeur, va améliorer sa situation ? Est-ce qu’aller taquiner les Triades est moins douloureux qu’une TVA qui passe à 12% ? Bien sûr que non…
Après avoir réalisé JEEG ROBOT et l’épique FREAKS OUT, Gabriele Mainetti continue à réinventer le cinéma populaire italien en scope. Cette fois il tente la fusion entre le film de mafia italien et les classiques du kung fu qu’il nous sert à la sauce arrabiata.
Oui c’est pimenté, et oui ça secoue, et surtout ç’est purement jubilatoire à tel point qu’on ne voit pas passer les 138 minutes que dure son oeuvre.
Chaque plan est un régal et les combats orchestrés comme des chorégraphies audacieuses nous en mettent plein la vue, notamment une scène de cuisine mémorable.
Mais attention, contrairement à un certain cinéma asiatique Mainetti garde son côté latin et l’amore et l’émotion sont aussi de la partie dans un film formidablement agencé qui nous en met plein les yeux.
Le duo formé par Yaxi Liu (Mei) et Enrico Borello (Marcello) fonctionne très bien, apportant une touche de romance inattendue mais rafraîchissante à ce film de genre.
Rajoutez à ça une bande originale son qui tue, et vous avez un film cinq étoiles, un divertissement stylé et original qui fait plus que le job.
Un must !
Note : 18/20
Passons maintenant à la journée du 7 avril où j’avais mis 1 seul film à mon programme :
100 NIGHTS OF HERO de Julia Jackman (UK – 2025)
Dans un univers parallèle qui ressemble beaucoup à l’Angleterre du XVIIe siècle, les gens vénèrent le Dieu Oiseau, les femmes n’ont pas le droit de lire et leur devoir est de donner naissance à des héritiers. Mais la douce Cherry a le malheur d’avoir un mari qui est plus porté sur le saucisson que l’abricot, et la responsabilité de ne pas avoir d’enfant sera pour la seule pomme de Cherry. Cela dit, son mari a une solution à ce problème. Alors qu’il s’apprête à partir pour un un long voyage, il met au défi son meilleur ami, Manfred, de le cocufier. Cherry élabore alors un plan avec sa meilleure amie et servante Hero pour raconter une histoire à chaque tentative de drague foireuse de Manfred…
 On peut décrire cet opus comme un objet pop et chaotique, un univers de conte de fées gothique et queer qui est à la fois magique et très stylisé.
Il traite de la dénonciation du patriarcat à travers une histoire de contes, comparée à « La Servante écarlate » mais traitée avec plus de légèreté et un peu d’humour.
Le film est néanmoins trop léger pour le sujet sérieux qu’il traite, ce qui le rend moins percutant, et puis l’histoire dans l’histoire brise quelque peu la fluidité narrative.
C’est donc un film agréable à regarder, malgré de nombreuses longueurs, mais qui ne m’a pas emballé outre mesure.
Note : 11/20

Voilà cette gazette est terminée rendez vous très vite pour la prochaine #5 et toujours sur Branchés Culture.

Jean-Pierre Vanderlinden

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