Il y a des soirs où la musique dépasse la scène, où elle s’infiltre dans les silences, dans les regards, dans les battements de cœur. À Braine-le-Comte, ce soir du 20 mars 2026, aux côtés d’Alex Callier, Geike Arnaert (présente dans le groupe Hooverphonic de 1997 à 2008 et de 2020 à aujourd’hui) n’a pas simplement donné un concert de plus, mais le dernier d’une série. Geike et Hooverphonic ont en effet annoncé leur séparation. En attendant, Geike a offert quelque chose de plus rare, de plus fragile : un moment suspendu, presque intime, partagé avec celles et ceux qui la suivent depuis des années.
Dès les premières notes, une évidence s’impose. Sa voix n’a rien perdu de cette texture singulière qui a façonné l’identité de Hooverphonic. Elle est toujours là, aérienne et profonde à la fois, capable de caresser comme de transpercer. Mais ce soir, il y a autre chose. Une chaleur, une proximité presque palpable. Comme si chaque chanson était adressée individuellement à chacun des visages dans la salle. L’émotion était bien présente dans les yeux du public, mais aussi chez l’artiste qui, un court instant, a laissé couler quelques larmes .
Le public, lui, ne s’y trompe pas. Il écoute, vraiment. Dans une époque saturée de bruit, cette qualité d’attention devient presque un acte d’amour. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : un échange. Geike donne, sans retenue, et en retour, la salle lui renvoie une émotion brute, sincère, presque vibrante.
Entre les morceaux, quelques mots, simples, sans artifice. Pas de posture, pas de distance. Juste une artiste qui semble profondément reconnaissante d’être là, devant ce public fidèle. Et cette sincérité touche. Elle désarme. Elle rappelle pourquoi certains liens entre artistes et fans traversent le temps sans jamais s’effriter.
Musicalement, le voyage cinématographique oscille entre nostalgie et renouveau. Les titres résonnent différemment en live, portés par une interprétation plus nue, plus habitée. Chaque nuance compte, chaque respiration devient partie intégrante de l’expérience. On ne consomme pas ce concert, on le vit.
Et puis il y a ces instants suspendus, presque irréels, où le temps semble ralentir comme dans Vinegar & Salt (Piano only). Une note tenue un peu plus longtemps, un regard vers le public, un sourire esquissé. Ce sont ces détails-là qui restent. Ceux qui ne s’enregistrent pas, mais qui s’impriment durablement.
À Braine-le-Comte, ce n’était pas simplement un concert. C’était une déclaration. D’amour à la musique, d’amour aux fans, et peut-être aussi d’amour à un parcours fait de départs, de retours, et de fidélité.
On en sort avec le sentiment d’avoir partagé quelque chose de précieux. Quelque chose qui dépasse les mots. Mais s’il fallait en garder un, ce serait sans doute celui-ci : merci.
Set list ici :
Intro / Autoharp
The Magnificent Tree
Out of Sight
You Love Me to Death / Hiding in a Song
No More Sweet Music
2 Wicky
The Wrong Place
Stranger
Anger Never Dies
Romantic
Expedition Impossible
Eden
Vinegar & Salt(Piano only)
Jackie Cane
The Night Before
Mad About You
Badaboum
Amalfi
Inhaler
Barabas
The World Is Mine
Sometimes










