Après Amoureux, Maman et Papa (et avant, qui sait, Enfants ?), Hélène Delforge et Quentin Gréban se retrouvent (même s’ils ne se quittent jamais longtemps) autour d’une mosaïque, toujours aussi émouvante, de portraits de grands-parents, d’hier ou d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs. Merveilleux cadeau.
Résumé de Grands-Parents par Mijade : À travers une galerie de portraits sensibles, drôles ou bouleversants, ce nouvel album explore les liens précieux entre générations. Qu’ils soient tendres, fantasques, fatigués, joyeux ou pleins d’anecdotes, les grands-parents sont ici célébrés dans toute leur diversité. Chaque page est une déclaration d’amour à ces piliers affectifs, souvent discrets mais toujours essentiels.
Joyeux Noël, bonne année, sans oublier les anniversaires, toutes les occasions qui s’offrent durant un an pour se retrouver pour une fête de famille. Et quelle richesse, quand ils sont encore là, d’avoir autour de la table ses grands-parents. Papi, mamie (ou mamy), babou, papou, pépé, mémé, peu importe comment on les appelle, avec majuscule, dans toutes les orthographes, il n’y aura pas d’exclus ici. Peu importe la manière dont on leur prouve leur importance, notre amour.
En 32 portraits, morceaux d’intimité et courts récits, Hélène Delforge (aux textes) et Quentin Gréban (une illustration pleine page et un crayonné à chaque fois) s’intéressent aux patriarches et aux matriarches, chaque personnage ayant sa manière de l’être. Et ce n’est pas parce qu’ils ont été parents avant d’être grands-parents qu’ils appliqueront les mêmes recettes et, à la lettre, les préceptes des jeunes parents qui leur déposeront les enfants pour une heure ou deux, une nuit ou un week-end sont certaines fois vite oubliés. La réponse en image, canaille. De même, les grands-parents d’aujourd’hui ne sont pas forcément ceux d’hier : bricoleur, couturière, etc. Les deux auteurs piochent dans différentes époques, du vintage au moderne tout en visitant les traditions, le folklore.
Papi ou mami gâteau, cake ou tarte, avec de la douceur ou de l’autorité de façade, parfois la mauvaise foi malicieuse, chacun a ses armes face à ces enfants qui sont l’apprentissage d’une vie. De plusieurs vies, même. Bien sûr, le temps a passé, la société s’est accélérée, avec ses progrès effrénés. Alors, entre un bambin de quatre ans et un adulte de septante, il y a des mondes et des imaginaires de différence, le tout est de se rejoindre. On ne leur demande pas de jouer à la console mais il y a des loisirs universels, indémodables : des livres (en voilà un en plus, magnifique), des jeux de société, un harmonica. Et les moments câlins sur un turban, dans une barbe soyeuse, avec des doigts chatouilleurs.
Puis, il faut être sérieux aussi, certains aïeux sont aussi profs à domicile, pour aider aux devoirs et réviser les leçons. Ça ne fait pas les affaires du petit chat, jaloux, qui doit la partager sa mamie.
Autre cas de figure, c’est triste mais dans certaines familles, il y a un absent, un papi ou une mamie en moins. Mais on peut compter sur le survivant pour en faire le portrait comme s’il était là et venait nous faire un bisou. Quand il en manque deux, certaines personnes, de coeur, peuvent faire de parfaits grands-parents de substitution. Amis, confidents.
Sur cette terre où nous ne sommes que de passage, j’ai beaucoup aimé, au détour d’une page, la sincérité des auteurs sur la mort et l’incertitude de sa destination. Comme cette petite mésange, enterrée, avec tellement d’amour, par un duo complice, malgré les décennies d’écart.
À chaque page, c’est le suspense, qui va parler ? Toujours une seule personne qui raconte le présent ou un souvenir à la façon d’une petite voix intérieure, qui peut être celle du papi, de la mamie, d’un petit enfant ou un papa une maman qui sert d’intermédiaire. Quelques mots, quelques phrases même, voilà le but du jeu : identifier qui nous parle. Et rester des minutes plongé dans les regards, les visages des héros que Quentin Gréban a imaginés et qui auraient bien d’autres histoires à nous confier. La magie, intense, opère toujours autant dans les pages de cet album, diversifiant les mises en scènes (sur un lac, dans un jardin ou au quotidien d’un appartement, d’une maison) vraies, sincères. C’est authentique et c’est ce qui fait que ça touche tellement.
À (se faire) lire chez Mijade.

