
Vous aimeriez vivre dans un zoo, vous? Alors, attention, le rêve peut vite perdre quelques couleurs une fois confronté à la réalité. Ça peut vite devenir la jungle, et obliger les enfants à devenir adulte plus vite que prévu… alors que les animaux restent des gosses si on veut les domestiquer.

Résumé de Refuge Mouchette par Les fourmis rouges : La mère de Lou Mouchette a créé le Refuge Mouchette. Alors, Lou vit entouré d’animaux… de vrais animaux. Des tigres qui escaladent les rideaux, des cygnes qu’il faut déposer au parc avant d’aller à l’école et des éléphants qui utilisent toute l’eau à l’heure du bain. Sa vie quotidienne totalement loufoque ferait rêver n’importe quel enfant mais Lou ne rêve que d’une chose : une vie normale. Mais comment se faire entendre dans le brouhaha de la famille Mouchette quand on est enfant ?

Promener les crocodiles, avec toutes les difficultés sociales que ça comporte. Faire couler le bain de l’éléphant. Laisser de la place dans le lit pour le renard. Accepter d’être réveillé la nuit par les animaux nocturnes qui forcément ne dorment pas. Partager son anniversaire avec un âne. Et sa chambre avec l’ours, le zèbre, les moutons, les chauves-souris, les ratons et consorts. Et, par-dessus tout, ne plus être entendu dans cet océan de cris.

Franchement, flûte et zut, Lou Mouchette aurait finalement préféré mille fois que sa mère n’ouvre pas son refuge. Même si c’était il y a 20 ans et qu’il n’était pas encore né, loin de là.

L’idée est belle mais vivre en tant qu’enfant entre les poils, les plumes, les écailles de ce petit monde, ce n’est pas une vie. Lou doit se débrouiller tout seul et faire le deuil de son rêve, juste un doudou chat qui n’est là que pour lui faire des câlins sans besoin d’être nourri, materné.

L’autrice-illustratrice israélienne Inbar Heller Algazi signe là un chouette album, très original, montrant ce que peut être l’envers d’un rêve complètement fou. Avec cette ménagerie, l’artiste a imaginé quelques situations folkloriques, énervantes pour le héros (et on le comprend) mais très amusantes pour le jeune lecteur/spectateur. Et, devinez quoi, coeur sur la patte, après une grosse colère, tout finit par s’arranger et redonne sa place à tout le monde. Même s’il faudra changer les rideaux, labourés par les tigres, et ramasser les crottes des ratons laveurs qui jouaient à cache-cache sous la carpette. On n’en a jamais fini. Allez, zoo, zou, au lit!

À lire dès 3 ans, chez Les fourmis rouges.
