
Mission crotte, en voilà tout un programme, encore plus quand le préposé Bousier, un petit insecte extraordinaire qui n’a pas peur de se salir, a décidé de faire grève. Trop de moqueries, si peu de reconnaissance. Qui pour le remplacer? Ne vous pressez surtout pas.
Résumé de Mission crotte! par Margot : Dans la savane, si un éléphant a besoin de libérer son popotin, il dépose illico une montagne de bouse. Aussitôt, Lucien reçoit un message d’alerte par moustique-express : « Urgence P.O.P.O. ! Propreté et Optimisation des Pertes Organiques. » Lucien a un travail singulier, il est bousier. Et les habitants, mésestimant son utilité, ne perdent pas une occasion de se moquer.

Ça, c’est sûr, on est bien content que de courageux travailleurs ramassent nos poubelles, vident nos fosses sceptiques, convoient les cathy cabines (c’est comme ça qu’on appelle les toilettes mobiles en Belgique), ramassent nos crottes, etc. Ils sont pourtant parfois bien mal jugés, certains ne savent pas les sentir, ces hommes et femmes essentiels à ce que nos milieux de vie ne deviennent pas une jungle.
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Et, justement, côté jungle, comment ça se passe? Ne ferait-on pas un pas sans marcher dans les déjections? Entre documentaire animalier et, très vite, un récit désopilant, Till the Cat et Agnès Ernoult nous entraînent à la découverte d’un animal méconnu, un coléoptère coprophage, le bousier. Ça dit bien ce que ça veut dire, il fait son travail ingrat de Monsieur Propre aux quatre coins de la planète.

Comme il a besoin de la merde pour se nourrir, se reproduire, dormir, il trimballe tous les étrons qu’il trouve, en fait de belles boules, à l’aide de ses pattes arrière (!) et les emmène sous terre. Ce sera la cacastrophe, le jour où il disparaîtra ou, pire, où il fera grève.

C’est la situation cocasse qu’ont imaginée les deux autrices en s’amusant beaucoup à triturer de dégoût les animaux de la savane qui après avoir chanté du mal du bousier, doivent désormais se démerder avec les « urgences P.O.P.O (propreté et optimisation des pertes organiques) ».
À la deuxième lecture, ce livre nous a plus plu qu’à la première. En soulevant une question que nous ne pensions pas un jour nous poser, les deux autrices créent un joyeux délire. Je ne sais pas si les animaux ont la capacité de se moquer l’un de l’autre, entre espèces, ou si c’est le propre de l’Homme. Toujours est-il que comme souvent, ces médisants auraient dû tourner plusieurs fois leur langue dans leur bouche, sous peine de se retrouver dans la bouse!

En tout cas, cet album nous régale dans sa mise en page, cette manière de rendre sonore les phrases et des bêtes très rigolotes. Fallait y arriver avec un thème qui pouvait vite faire grossier.
Pour prolonger le plaisir, avec ma fille (2 ans et demi), nous sommes allés chercher quelques explications supplémentaires (petit regret qu’il n’y ait pas de fiche technique en fin d’album) sur ce drôle de bousier. Il est incroyable: animal sacré dans l’Égypte ancienne, il peut soulever 1141 fois son poids et permet donc à la planète de respirer un peu plus et de ne pas être un crottoir.

À lire dès 3 ans, chez Margot.

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