Lokerse Feesten : Une Journée Punk Inoubliable sous le Signe de la Légende Iggy Pop !

Ce lundi 4 août les Lokerse Feesten ont vécu une journée exceptionnelle avec une programmation musicale qui a tenu toutes ses promesses. La journée punk était en effet au centre des attentions, avec une affiche de choc composée de groupes légendaires qui ont marqué l’histoire de la musique punk.

The Undertones: Un Jukebox Punk Explosif 

La soirée a débuté avec The Undertones, groupe nord-irlandais emblématique des années 70 et 80. Leur prestation a été tout simplement exceptionnelle, un véritable jukebox punk qui a électrisé la foule.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Les classiques « Teenage Kicks », « Get Over You » ,  » I Know a Girl » et « Here Comes the Summer » ont été interprétés avec la même énergie et la même passion que lors de leurs premières sorties. Le public, conquis, a chanté chaque parole des 17 titres joués ce soir là, transporté dans une époque où le punk rock était synonyme de rébellion et de liberté.

A mon sens, tout simplement la meilleure prestation de la journée si on excepte le roi Iggy. Ils seront de retour à Anvers au Trix en mai 2026.

The Damned : Fidèles à Eux-Mêmes

Après The Undertones, ce fut au tour de The Damned de monter sur scène. Le groupe britannique emmené par le charismatique Dave Vanian et Captain Sensible, connu pour son mélange unique de punk, de gothique et de psychédélique, a offert une performance classique, fidèle à leur style et à leur héritage.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Avec des morceaux comme « Love Song », « Eloïse », « Neat Neat Neat »,  » Smash it up « et « New Rose », ils ont démontré une fois de plus pourquoi ils sont considérés comme l’un des groupes punk les plus influents de l’histoire. Leur présence scénique et leur énergie communicative ont interpelé le public, même si leur prestation n’a jamais réellement vraiment décollé totalement. Du bon job, mais sans la petite étincelle qui fait d’un bon concert un concert mémorable.

Iggy Pop : La Légende Vivante !

Mais le point d’orgue de la soirée fut sans conteste l’apparition d’Iggy Pop. À 78 ans, le Godfather of Punk continue de prouver qu’il est l’un des plus grands performers de rock de tous les temps.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Avec sa voix grave et rauque, son charisme inégalé et son sourire ravageur, Iggy a envoûté le public avec des classiques tels que « The Passenger », « Lust for Life » , « Raw Power », « Gimme Danger », »I Wanna be your dog », « Search and Destroy », « 1970 », » Nightclubbing », « Frenzy », « Modern day rip off «  ou « Punkrocker ».

Au total, seize titres enflammés gorgés d’une énergie punk dont il a le secret. Il faut dire aussi que le band qui l’accompagne aujourd’hui envoie du très lourd, avec un batteur pile électrique et un guitariste réellement bluffant.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Rajoutez à ça une section cuivre du tonnerre de dieu et vous avez l’écrin rock parfait pour sublimer la voix unique d’Iggy. Sa présence scénique reste toujours intacte, et il a réussi à faire bouger et chanter la foule entière.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Iggy Pop est véritablement une légende vivante, et sa performance a fait l’unanimité auprès du public présent.

Et même s’il doit ressortir de scène totalement lessivé et souffrant pour se déplacer après un tel effort, Iggy donne tout et sans aucune réserve. Vous en connaissez beaucoup vous des artistes qui à 78 balais se déchainent toujours autant sur les planches dans un style aussi furieux que le punk rock? Moi pas.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Un des derniers géants de l’histoire du rock, point barre !

The Sex Pistols feat. Frank Carter : Un Retour dans le Passé avec un nouveau chanteur

Pour clôturer cette soirée mémorable, The Sex Pistols, avec Frank Carter au chant, ont repris le flambeau. Une tâche difficile après le set gigantesque du roi Iggy.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Malgré l’absence de Johnny Rotten, le groupe a réussi à recréer l’esprit rebelle et provocateur qui caractérisait leur musique à l’époque de leur album culte « Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols ».

Enfin presque, dirais je, car il y a quand même quelques bémols à souligner…

Des morceaux comme « Anarchy in the U.K. », « God Save the Queen » et « Holidays in the Sun » ou « Pretty Vacant » ont été interprétés avec une énergie brute et une attitude qui ont replongé le public dans l’ère de la rébellion punk des années 70, et Frank Carter a apporté sa propre intensité vocale, rappelant par moments le timbre unique de Rotten sur certaines inflexions de voix. Mais voilà, malgré tous les efforts déployés par leur nouveau frontman tout ça reste bien en deçà de la rage absolue des Pistols à leur grande époque.

Plus rien n’est sale, tout est fait pour proposer un set hyper pro dans des festivals ou des arenas, et plus dans des clubs poisseux.

Descente de Carter dans le public, efficace certes mais un peu téléphonée, présentation des musiciens chacun y allant de son petit solo ( pas vraiment dans l’esprit punk ça! ), reprise de « My Way » chantée trop bien presque comme un crooner, et clôture du show avec « Anarchy in the UK » en version longue style on fait chanter le public un max. On est assez loin de l’esprit contestataire des Sex Pistols de 1977 !

Pour ma part j’aurais préféré un set court de 45 minutes, histoire de jouer l’album sans aucun temps mort avec un ou deux titres en bonus, et c’était plié. Même sans Rotten ça, ça aurait été dans l’esprit de l’époque.

(c) Jean-Pierre Vanderlinden

Mais bon ne boudons pas non plus notre plaisir, revoir Jones, Matlock et Cook sur scène ç’est tout de même quelque chose.

Et puis les nostalgiques ont passé un bon moment et les générations nouvelles découvrent ces titres en live. Il faut bien se faire à l’idée que les créateurs que nous les anciens avons eu la chance de voir en action vont disparaître petit à petit, et que comme en classique ou en jazz l’oeuvre va survivre à ses créateurs par les enregistrements mais aussi par les interprétations scéniques que l’on en fera. Alors ne faisons pas la fine bouche, même si tout n’était pas parfait, trois membres originaux du « definitive English punk rock band » devant nous on stage, c’est pas si mal.

En conclusion, la journée punk des Lokerse Feesten le 4 août restera un grand souvenir  pour ceux qui ont eu la chance de la vivre.  Avec cette très belle affiche exceptionnelle de The Undertones, The Damned, Iggy Pop et The Sex Pistols avec Frank Carter, le festival a une fois de plus prouvé pourquoi il est l’un des événements musicaux les plus attendus de l’année.

Les fans de punk rock ont eu droit à un véritable festin musical pour un prix somme toute assez correct de 69 euros, avec des groupes qui ont marqué l’histoire du genre et qui continuent d’inspirer les nouvelles générations.

Bravo aux organisateurs pour leur programmation et leur organisation exemplaire !

Jean-Pierre Vanderlinden 

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