La Gazette du 43 ème BIFFF #2 : deux bras cassés qui loupent un enlèvement arrangé, un huis clos stressant entre un tatoueur et un rappeur, un film d’animation formidable du nom de Spermagedon et une Adèle Exarchopoulos égarée dans une daube intersidérale, ce jeudi au BIFFF le génial a côtoyé le médiocre

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFFTout, vous saurez tout sur le 43e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Pas de présence pour moi au BIFFF le mercredi 9 avril, c’est mon collègue Malko qui prenait le relais et qui vous a concocté un bel article dont je vous mets le lien ici : https://branchesculture.com/2025/04/10/bifff-day-1-2-movie-review-drop-death-of-a-unicorn-i-the-executioner-twilight-of-the-warriors-walled-in-it-feeds/

Jeudi 10 avril, le BIFFF est lancé et bien lancé.

Aujourd’hui à mon programme quatre films et pour commencer direction le Ciné 1.

Ciné 1 à 14h00 CALIFORNIA KING de Eli Stern

Responsable literie dans une petite bourgade californienne, Perry veut à tout prix impressionner la fille de ses rêves. Son meilleur pote lui propose alors un plan infaillible : mettre en scène le kidnapping du petit frère de sa dulcinée, sauver ledit frérot et conquérir le cœur de sa belle. Seulement voilà : quand deux couillons sont persuadés d’avoir un plan de génie, ça ne se passe jamais comme prévu… 

Ce film est le premier long d’Eli Stern et constitue un bijou de comédie noire au scénario roublard, servi par une bande-son funky.

Que dire de ce film sinon qu’il raconte l’histoire de deux copains, deux bras cassés qui montent un coup de faux enlèvement du frère d’une fille dont l’un deux est éperdument amoureux. Le but est de faire croire que le prétendant est un héros et qu’en moins de deux il aura retrouvé le frère de la belle, en espérant qu’elle succombe alors à son charme.

Mais bien évidemment les choses vont être beaucoup plus compliquées que prévu.

Voilà un sympathique petit film idéal pour démarrer une journée au BIFFF. C’est sympa, délirant, bien rythmé, les comédiens ne sont pas mal du tout et on passe un bon moment de délire avec les tribulations de ces deux compères plutôt sympas.

Du bon ciné divertissant, sans être le film du siècle, mais il fait le job !

Cote: 13/20 

Original Title : CALIFORNIA KING
Director 
: Eli Stern
Screenplay : Eli Stern
Cast : Jimmy Tatro, Travis Bennett, Joel Mchale & Victoria Justice
DOP : Jared Levy
Producer : Jonathan Glickman, Dan Kagan & Matt Miller
Production : Vanishing Angle
Distribution : Blue Finch Film

Year : 2025 Country : USA

 

La photo du jour :

(c) Jp Vanderlinden

Ensuite toujours au Ciné 1 à 16h30 TUMMY MONSTER de Ciaran Lyons

Alors qu’il est en train de se morfondre sur sa vie de merde dans son salon de tatouage, Tales reçoit la visite inopinée d’un mystérieux client. En pleine nuit… Et quelle n’est pas sa surprise de constater qu’il s’agit d’une star planétaire du rap, accompagnée de son garde du corps. Flatté, Tales n’hésite pas une seconde à dessiner un crobard sur la peau de l’idole de sa nièce et, une fois le travail fini, il en profite pour demander un selfie. Basique, quoi. Mais le rappeur refusera catégoriquement, entraînant les deux hommes dans une guerre psychologique hallucinante… Avec ce huis-clos aussi intense qu’inventif, Ciaran Lyons pose une question très simple : jusqu’où iriez-vous pour un selfie avec une star ? Et sa réponse en dit long sur notre rapport à la célébrité. Comme quoi, le Veau d’or est toujours d’actualité…

Ce deuxième film de la journée pour moi m’a plusieurs fois donné envie de quitter la salle. Le film a paraît-il été tourné en cinq jours, et à mon avis le scénario a dû lui, être écrit en 10 minutes.

Huis clos abordant le thème de l’emprise et de l’idolâtrie du veau d’or, stressant par ses dialogues répétitifs,  sa bande son agaçante et le comportement délirant de ses personnages plutôt antipathiques auxquels on ne s’attache vraiment pas, Tummy Monster n’apporte pas grand chose et énerve plus qu’il ne séduit. On se demande vraiment ce qu’il s’est passé dans les cerveaux du scénariste et du réalisateur pour nous pondre un film pareil !

On s’ennuie ferme et on hausse les sourcils fréquemment en se demandant ce qu’on fait là à regarder ce genre de métrage presque hystérique qui n’apporte vraiment rien à notre culture cinématographique, sinon de mauvais souvenirs, de l’agacement et de l’ennui.

Après ça vous n’avalerez jamais une clé sur un coup de sang pour devoir la récupérer ensuite dans la merde de vos WC et ne vous gratterez plus le ventre de la même façon, c’est certain.

Pénible !

Cote: 9/20 (pour la photographie plutôt réussie)

 

Original Title : TUMMY MONSTER
Director 
: Ciaran Lyons
Screenplay : Ciaran Lyons
Cast : Lorn Macdonald, Orlando Norman & Michael Akinsulire
DOP : David Liddell
Producer : Beth Allan
Production : Forest of Black
Distribution : Reason8
World Sales : Reason8

Year : 2024
Country/Region : UK
Toujours au Ciné 1 à 19h00, en route maintenant pour  SPERMAGEDDON de Tommy Wirkola & Rasmus A. Sivertsen
Voici Jens, jeune ado branché STAR WARS et jeux vidéo. Activité sexuelle ? Néant. Enfin, jusqu’à un fameux weekend bucolique où il va retrouver son amour de vacances, Lisa… Et, dans ses valseuses, c’est le branle-bas de combat : après des années de préparation intensive, des millions de spermatozoïdes se préparent à affronter leur destinée, au péril de leur vit, à savoir… Spermageddon !!!!
Alors là attention, petite pépite jubilatoire !
Lorsqu’au manettes on retrouve quelqu’un comme Tommy Wirkola (Dead Snow 1, Dead Snow 2,Violent Night) , on se dit qu’il faut s’attendre à du lourd. Et en effet ça décape !
On est ici face à un conte si élémentaire et universel, qu’il est incroyable que personne ne l’ait déjà raconté auparavant. Le film nous parle de la course entre des millions de spermatozoïdes qui s’efforcent tous de féconder un unique ovule. Une quête semée d’embûches, où tous sauf un sont voués à échouer.
Véritable petit chef d’oeuvre d’inventivité, d’humour et de tendresse sur une bande son décapante Spermageddon est un film réjouissant et explosif où l’on rit à chaque plan et au graphisme extraordinaire d’une inventivité rare. Les petits spermatozoïdes sont trop mignons et les personnages humains de l’ado et sa copine formidablement attachants.
Le film dure 80 minutes et on ne s’ennuie pas un seul instant.
La salle du BIFFF a salué ce métrage exceptionnel par une grosse ovation, et c’était plus que mérité.
Un film génial !
Cote :  19/20

Original Title : SPERMAGEDDON
Director 
: Tommy Wirkola & Rasmus A. Sivertsen
Screenplay : Tommy Wirkola, Jesper Sundnes & Vegar Hoel
Cast : Aksel Hennie, Mathilde Storm, Christian Mikkelsen, Nasrin Khusravi, Christian Rubeck & Bjørn Sundquist
DOP : None
Producer : Jørgen Storm Rosenberg & Kjetil Omberg
Production : 74 Entertainment
Distribution : Charades / ND Pictures
World Sales : Charades

Year : 2024
Country/Region :Norway
Et pour terminer la journée encore au Ciné 1 à 21h30 PLANÈTE B de Aude Léa Rapin
France, 2039. Les accords de Paris ne sont plus qu’un lointain souvenir, le gouvernement a la même fibre démocratique que la Corée du Nord, et toute contestation est violemment réprimée. La dernière à en faire les frais est la jeune activiste courageuse, Julie Bombarth, éborgnée par les flics et arrêtée avec d’autres militants. Direction la pire case de Monopoly ? Même pas : Julia se réveille d’un coup sur une île paradisiaque où tout est faux. Sauf la torture…

Mon dieu, mais quelle daube !

L’ennui sidéral porté à son paroxysme pendant presque deux heures, pour un film incompréhensible, mal dirigé, mal écrit et mal joué. Heureusement que je l’ai visionné au BIFFF où la salle sortait vanne sur vanne tant le spectacle affligeant à l’écran donnait juste envie d’en rire, sinon j’aurais piqué du nez dans mon canapé ou arrêté le massacre après les premières vingt minutes. Un rire salvateur capable de désamorcer ce massacre cinématographique intersidéral.

Mais qu’est donc venu faire Adèle Exarchopoulos dans cette galère ?

Et non elle ne sauve pas le film, car lorsque vous êtes mal dirigée, que vous portez des dialogues mal écrits dans des situations abracadabrantes d’un scénario nullissime face à des comédiens improbables, il est impossible d’être juste même s’il on est une comédienne de talent. Dommage pour elle.

A fuir, raaaaaaaah !

Cote : 5 /20

Original Title : PLANÈTE B
Director 
: Aude Léa Rapin
Screenplay : Aude Léa Rapin
Cast : Ade?le Exarchopoulos & Souheila Yacoub, Eliane Umuhire, Eliane Umuhire, Paul Beaurepaire.
DOP : Jeanne Lapoirie
Producer : Eve Robin & Benoit Roland
Production : Les Films du Bal / Wrong Men
Distribution : Wrong Men / Galeries Distribution
World Sales : Studio Canal

Year : 2024
Country/Region: Belgium-France

C’est donc après avoir subi le plus mauvais film depuis le début de ce festival 2025 que j’ai quitté le
BIFFF, heureusement après avoir passé un moment extraordinaire quelques heures plus tôt avec l’incroyable Spermageddon qui a littéralement illuminé la journée.

La Gazette c’est fini pour cette fois, mais ne ratez pas les prochaines Gazettes du BIFFF, on vous tient au courant de toute l’actualité du festival sur Branchés Culture !

Jean-Pierre Vanderlinden

 

 

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