Encore plus de coups foireux, de voyages entre Deauville et les bas-fonds de Paris, encore plus d’argot, encore plus de « celui qui a la plus grosse… voiture », encore plus d’irrésistibles trognes, tel est le menu alléchant et savoureux du second tome du Grizzli, Une haleine de cadavre, répandue par Matz et Fred Simon. Plaisir coupable.
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Résumé du tome 2 du Grizzli par Dargaud : Un copain turfiste (patron d’une grosse écurie qui a le vent en poupe) de Toine et ancien truand comme Toine et le Grizzli, se rapproche d’eux au nom d’une longue amitié… et d’un petit service qu’il leur explique. Sa fille a disparu, sans explication, il a donc besoin d’aide pour la retrouver. Enlèvement contre rançon ? Tentative de pression en rapport avec les courses ? Escapade amoureuse ? En fait, un peu des trois..
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« À nos femmes, à nos chevaux… » À chaque repas de famille, peut-être avez-vous un tonton beauf qui ne résiste pas à la tentation de trinquer en lâchant une vacherie. À nos femmes, à nos chevaux, et à tous ceux… qui les convoitent. Alors que Le Grizzli pensait être retiré des affaires, sans doute depuis qu’il a enterré avec son passé son copain Gégène, voilà les ennuis qui reviennent au galop. Bubu est victime d’un honteux chantage, sa fille a été enlevée par de sombres individus. Elle lui sera (peut-être) rendue s’il retire ses billes, enfin ses gailles, de la compétition et qu’il cède son écurie. Manifestement, au pays des turfistes, il n’est pas le seul visé par ce cavalier solitaire et malintentionné. Mais, il faut faire vite, avec ce genre d’individu, Virginie, 21 ans, est peut-être déjà en route pour faire un pain de fesse, bonne pour l’abattage dans un pays du tiers-monde.
Voilà donc ces repris de la truande à mener l’enquête, traquant un petit copain bien sous tous les rapports mais qui a menti sur son adresse. Louche. Puis, il y a cet espingouin tatoué au regard méchant. Il va bien falloir que quelqu’un casse le morceau. Le Grizzli, le Toine et, bientôt, parallèlement, un de la Mondaine, pas trop regardant, sur le protocole, ont des méthodes pour que les vrais méchants crachent le morceau, ça va barder. Quitte à retourner au cimetière, une seconde fois dans l’album.
Nous voilà promenés de lumières roses en lumières noires, de troquets en écuries, sans oublier quelques flâneries en bord de Seine. Car, en se trompant de témoin, le Toine a peut-être trouvé sa gonzesse, de bonne famille, raison de plus pour faire des efforts sur son argot à couper au couteau et parler un Français plus relevé. Séquences hilarantes dans un album impeccable, tant dans son phrasé juteux que dans ses péripéties musclées mais rusées, au coeur d’un Paris, celui des années 60, aussi fantasmé que mal famé. On a hâte que cette joyeuse et gouailleuse compagnie se retrouve plus à l’Ouest, lors du prochain tome, Dans les rades de Bretagne.
À lire chez Dargaud.

