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Pump, ce qui se passe au saloon reste… pas forcément au saloon, encore plus quand le patron est un escroc

© Rodolphe/Gnoni chez Anspach

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© Rodolphe/Gnoni chez Anspach

In Pump we trust… ça vous dit quelque chose? Dans un western façon guerre des nerfs et manipulation, Rodolphe (sur une idée de départ de l’éditeur Nicolas Anspach) et Laurent Gnoni s’inspirent des débuts de la success story d’une famille dont un certain rejeton arriverait dans les années 2000 à la tête d’une Amérique plus que jamais décadente. Mais Pump n’est pas tout à fait Trump. Découvrez comment un gamin de 16-17 ans va devenir l’homme fort et vil d’une petite ville. Hold-up.

© Rodolphe/Gnoni chez Anspach

Résumé du tome 1 de Pump par Anspach : En avril 1871, en Arizona, une bande d’outlaws attaque une diligence, tuant tous les voyageurs. Par miracle, un adolescent échappe au carnage et profite de l’occasion pour voler l’identité du neveu d’une des victimes. Devenu Edward G. Pump, il est recueilli par le shérif qui lui ouvre les portes de sa maison… et, sans le savoir, celles de la chambre de son épouse et de sa fille. Ed, grâce à son charme et à sa ruse, tisse sa toile autour de la petite ville.

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Il n’a pas froid aux yeux, cet ado inconnu qui, à la faveur d’un coup du sort et d’une salve de balles braqueuses, va devenir quelqu’un, Edward G. Pump. Et le plus gros casse, c’est lui qui va le faire dans cette petite ville. Pris sous l’aile du shérif (et bientôt dans la couche de sa femme et sa fille, pourquoi chosir?), garçon de saloon, notre bad boy va utiliser sa bonne bouille, son regard d’ange, pour gravir les échelons et trafiquer les rapports, quitte même à paraître intègre, fidèle et même héroïque. Démoniaque.

© Rodolphe/Gnoni chez Anspach
Ex Libris © Rodolphe/Gnoni chez Anspach

Si Rodolphe et Laurent Gnoni ont choisi un décor western, ils auraient pu s’implanter partout, tout le temps (encore plus maintenant à l’heure des réseaux connectés et de l’intelligence artificielle et protéiforme), tant la thématique de l’escroc est universelle, magnétique, à la fois fascinante et inquiétante. Ici, nous sommes avant tout dans un thriller social et psychologique. Combien de temps Ed restera-t-il le maître du jeu avant d’être confronté à la vérité? Dans le microcosme d’une petite bourgade de l’Ouest, loin des grandes villes, on pourrait se dire qu’il a le temps de voir venir. Sauf qu’il y a deux inconnues. Qui était-il avant cette fameuse attaque de diligence? Et qui est ce gamin dont il a volé l’identité mais pas le visage? Puis, l’usurpation, l’escroquerie est-elle simplement opportuniste ou pathologique?

© Rodolphe/Gnoni chez Anspach
Ex Libris © Rodolphe/Gnoni chez Anspach

En tout cas, dans ce premier tome, sous des traits graphiques de chevalier manga, Pump trouve vite sa place, celle qui donne peut-être le plus de pouvoir dans une cité western: le patron de saloon. Étonnamment, comme l’observe Nicolas Anspach, l’éditeur, en préface, si le western a fait feu de tous les archétypes (du cow-boy au croque-mort en passant par le détective, le outlaw), celui-là est resté omniprésent dans les récits du genre mais très discret voire absent dans les premiers rôles. Pourtant s’il y en a bien un qui tient les habitants et visiteurs par les bourses, la bite, les addictions, le pain et les jeux, c’est bien lui. Et avec Pump, Rodolphe et Gnoni ont trouvé leur homme, un salaud? « Ce que vous appelez la poisse, je lui donne un autre nom! »

Ex Libris © Rodolphe/Gnoni chez Anspach
© Rodolphe/Gnoni chez Anspach

Si ce premier tome (sur trois) nous emmène exactement là où on le présageait, avec peut-être un goût de trop peu mais l’impatience d’aller plus loin, Laurent Gnoni réussit son entrée dans cet univers sec, sexe aussi, et impitoyable. D’une partie de cartes sous tension à celles de jambes en l’air, en passant par quelques détonations, sans parler de ce personnage principal affûté, ambigu: le dessinateur est dans son élément. Chef, un petit verre, on a soif de la suite!

© Rodolphe/Gnoni chez Anspach
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À lire chez Anspach.

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