Vu à Cannes
Le noir se fait et le biopic sur Yves Saint Laurent commence sous les applaudissements nourris du public. Nourris, mais pour peu de temps.
Avec Saint Laurent, Bertrand Bonello a pris le parti, différent du film de Lespert (dont on vous parlait ici), de suivre le couturier français sur une décennie (la fin des sixties et le début des seventies), sans doute la plus importante dans la vie d’Yves, entre vivier d’inspiration pour ses créations, instabilité personnelle et amoureuse, tout en grandiloquence. Le film se révèle ennuyeux. Là où il aurait pu être le passionnant portrait d’un homme de pouvoir (la mode ne dirigerait-elle pas un certain monde), il se vautre dans une prétention abjecte.
Bref, ça reste mauvais de chez mauvais et il n’y a pas de quoi péter les coutures (surtout que le film passe quand même à côté du couturier grandiose en préférant prôner son quotidien mélancolique, sa consommation extravagante de cigarettes et ses cocktails alcool-médocs. Et on se dit : « Mais quel con ! »). C’est vrai on est loin de l’hagiographie (aussi vrai qu’Yves n’était pas un Saint), mais ça n’en fait pas un chef-d’oeuvre, si ce n’est de l’ennui (2h30 pour ne pas dire grand chose). Et à Cannes, la grande débandade du public du balcon semblait suivre le même avis!
À noter que le film représentera la France aux prochains Oscars!
1,5/5
Saint Laurent, de Bertand Bonello, le 24 septembre en salle, avec Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Léa Seydoux, Louis Garrel.

