Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !
Apres deux jours d’absence au BIFFF pour raisons pro, c’est mon collègue Malko qui s’était chargé d’écrire la Gazette #11.
Je suis donc de retour au festival pour les deux derniers jours et je dois dire que la journée du 17 n’a pas été très inspirante pour moi avec la vision d’un film hongrois :
FEELS LIKE HOME de Gabor Holtai (Hongrie – 2025)
Jeune femme esseulée et fraîchement mise au chômage, Rita aurait bien besoin de se créer un profil Tinder ou de rencontrer quelqu’un. Et, comme le destin fait bien les choses, son vœu finit par être exaucé. Enfin, plus ou moins, puisqu’elle est kidnappée par un homme qui va la séquestrer dans une chambre borgne, tout en lui annonçant deux grosses surprises : son vrai nom n’est pas Rita mais Szilvi, et son tortionnaire n’est autre que son frère caché. Et, si elle se comporte bien comme il faut, Szilvi aura la chance de rencontrer les autres membres de la famille. Ainsi que Papa…
Le film réussit à instaurer une ambiance malsaine et intimiste sans recourir à une violence excessive et cache une dénonciation du gaslighting gouvernemental en Hongrie, utilisant le huis clos familial comme métaphore de l’illusion de liberté.
Malgré quelques touches humoristiques le film montre un rythme très lent avec des scènes assez répétitives et sa durée peut entraîner une baisse d’attention chez le spectateur.
Personnellement même si je trouve l’idée bonne sur le fond, la forme m’a passablement ennuyé. Dieu que c’était long, surtout que l’on comprend assez vite ce que le réalisateur veut faire passer comme message.
Bref, une bonne idée de base en effet, mais qui n’empêche pas de créer un ennui certain chez certains spectateurs, dont je fais partie.
Note : 10,5/20
Dernière journée au BIFFF, nous sommes le samedi 18 avril et à 16h nous avons droit à la projection du film surprise :
BEAST OF WAR de Kiah Roache-Turner
( 2025)
Des soldats , suite à la destruction de leu navire, vont se retrouver à tenter de survivre sur un radeau de fortune au milieu de l’océan et être la proie d’un requin agressif mangeur d’hommes.
Le film nous propose un mélange de film de guerre et d’horreur maritime, et on peut louer la capacité du réalisateur à créer une atmosphère claustrophobe et terrifiante sur un simple radeau.
Cependant, on suit des codes classiques du genre, ce qui rend les dénouements faciles à deviner et le film est trop ancré dans les stéréotypes des films de guerre à l’américaine ou des slasher maritimes.
Par contre, l’utilisation d’un requin animatronique plutôt que du pur numérique est largement à souligner pour son réalisme et son impact visuel.
Néanmoins nous sommes en présence d’un divertissement correct, mais qui ne révolutionne pas le genre.
Plutôt moyen.
Note : 11/20
Place ensuite au film de clôture du festival :
OBSESSION de Curry Barker (USA – 2025)
Incorrigible romantique, Bear ne supporte plus d’avoir été “friendzoné” par sa collègue et amie d’enfance Nikki. Désespéré par cette situation – et par la mort de son chat, faut bien le dire -, Bear est prêt à faire n’importe quoi. Quitte à aller dans un magasin new age et acheter une soi-disant branche de saule magique capable d’exaucer tous ses vœux. Mais il n’en a qu’un seul, bien sûr : que Nikki n’ait d’yeux que pour lui, qu’elle soit complètement folle de lui. À tout jamais…
Thriller horrifique sur la dépendance affective, et sorte de mélange dérangeant d’humour noir et d’horreur psychologique, le film nous surprend par le chemin qu’il emprunte pour nous emmener dans cette histoire qui peu à peu devient terrifiante.
Le réalisateur utilise un rythme croissant et un montage percutant qui rend la tension palpable tout au long du film et augmente la capacité à créer un malaise inconfortable et effrayant chez le spectateur.
Petit bijou scénaristique Obsession est une excellente surprise qu’on peut décrire comme une réussite du genre horreur étrange.
Un bon film !
Note : 14,5/20
Et pour terminer la soirée en ce qui me concerne et cette édition 2026 par la même occasion, à 22h30 un film dont on m’avait dit beaucoup de bien :
FLUSH de Grégory Morin
( France, UK – 2025)
Luc est dans la merde. Alors oui, cet ancien ex-junkie, mari indigne et père lamentable, n’aurait pas dû provoquer des dealers dans les chiottes d’une boîte de nuit. Certes. Mais Luc est en fait littéralement dans la merde, depuis que les susdits dealers l’ont laissé pour mort, avec le crâne emboîté comme un Lego dans les toilettes turques. Évidemment, Luc n’a pas dit son dernier mot, même s’il y a peu de chances que ce soit « ça va chier !!!! »
Le film est un huis clos extrême de 70 minutes se déroulant intégralement dans les toilettes insalubres d’un bar.
Il fallait oser, et cette bande d’allumés l’ont fait !
Luc, un toxicomane en quête de rédemption, se retrouve la tête coincée dans le trou d’une toilette à la turque après une bagarre liée à un trafic de drogue.
Mélange audacieux de comédie trash, de suspense en temps réel et de body horror, le film est assez bien maîtrisé malgré un espace aussi restreint.
Le film a connu de beaux succès dans les festivals et si vous appréciez l’humour noir et les concepts radicaux, c’est une œuvre barrée et jubilatoire dont vous allez vous souvenir.
Attention, certaines scènes un peu trash ou dégueu pourraient choquer les plus sensibles, mais dans l’ensemble c’est une comédie noire qui vaut le détour pour son originalité et sa folie.
Note : 14/20
BIFFF 2026 : palmarès, record de fréquentation et cap sur 2027
À l’occasion de sa 44e édition, le Brussels International Fantastic Film Festival a dévoilé le palmarès de ses différentes compétitions, mettant à l’honneur des œuvres audacieuses et innovantes du cinéma de genre. Cette édition est historique en termes de fréquentation, avec une hausse de près de 30% du public, avec 12.000 spectateurs en plus et la barre des 60.000 franchie !
C’est juste exceptionnel !
Les gagnants des compétitions suivantes sont :
Compétition Emerging
Prix : Marãma
Réalisation : Taratoa Steppard /Pays : Nouvelle – Zélande
Mention spéciale : Mum, I’m Alien Pregnant
Réalisation : Thunderlips / Pays : Nouvelle – Zélande
Compétition Black Raven
Prix : Sicko
Réalisation : Aitore Zholdaskali /Pays : Kazakhstan
Mention spéciale : Zhazha
Réalisation : Darkhan Tulegenov / Pays : Kazakhstan
Compétition White Raven
Prix : You Are the Film
Réalisation : Makoto Ueda /Pays : Japon
Mention spéciale : Yesterday Island
Réalisation : Sam Voutas / Pays : Australie
Compétition Européenne
Prix : Nightborn
Réalisation :Hanna Bergholm / Pays : Finlande – Lithuanie – France – Royaume-Uni
Mention spéciale : Pinocchio Unstrung
Réalisation : Rhys-Frake Waterfield / Pays : Royaume – Uni
Compétition Internationale
Corbeau d’Or : Never After Dark
Réalisation : Dave Boyle / Pays : Japon
Corbeau d’Argent : Tristes Tropiques
Réalisation : Hoon-jung Park / Pays : Corée du Sud
Corbeau d’Argent : Nirvanna The Band The Show The Movie
Réalisation : Matt Johnson /Pays : Canada
Prix du Public
Prix : You Are the Film
Réalisation : Makoto Ueda / Pays : Japon
Prix Critics
Prix : Yesterday Island
Réalisation : Sam Voutas /Pays : Australie
Cette édition confirme une fois de plus la richesse et la diversité du cinéma fantastique, en mettant en lumière des talents émergents comme confirmés.
Et il est vrai que quand on voit ça et de ce point de vue : la vie est belle !
Et comme chez Branchés Culture on ne lésine pas sur les bonnes choses on vous offre un débriefing filmé du festival avec Jonathan Lenaerts un des patrons du BIFFF
( Désolé pour le son qui n’est pas top, il y a eu vraisemblablement un souci de perturbation du signal bluetooth, le micro s’est coupé et vous avez finalement le son d’ambiance qu’on a tenté d’améliorer au mieux. Désolé pour cette fausse note indépendante de notre volonté !)
Le recentrage sur une salle unique de 1 800 places au Heysel n’a pas freiné le public, bien au contraire.
Le festival confirme son statut de mastodonte européen du cinéma de genre et nous donne d’ores et déjà rendez vous l’année prochaine du 25 mars au 12 avril 2027.
Jean-Pierre Vanderlinden

