Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !
Après un jour de repos pour les festivaliers ce 13 avril, la journée du mardi 14 avril lance la 2éme semaine du BIFFF.
Je débute mes visionnages du jour à 16h15 avec :
SWORD OF VENGEANCE de Nemanja Ćeranić (Serbie – 2025)
Il y a cette terre ravagée par un désastre nucléaire et ses pluies acides, où les nations ne sont plus que des clans barbares qui négocient à coups de (trous de) balles. Mais toutes sont sous le joug tyrannique de la Cité, immense tour peuplée de psychopathes cupides sans foi ni loi qui pillent, volent, violent et tuent au quotidien. Évidemment, personne n’ose se rebeller. Jusqu’à présent. Jusqu’à ce que Jolan, seul survivant de son clan, décide de paraphraser Hamlet à la ligne 88 de l’acte 3 scène 3 : Non. Ça suffit. Y en a marre. Armé de son épée de la vengeance, Jolan est bien décidé à mettre fin à ce règne de terreur, en se lançant dans une épuration systématique des plus gros bâtards sanguinaires que la terre (ou du moins ce qu’il en reste) ait jamais porté…
Sword of Vengeance réalisé par Nemanja Ćeranić est un thriller d’action post-apocalyptique/ film de vengeance qui nous plonge dans une ambiance sombre, où l’on suit un jeune guerrier qui traverse une terre dévastée.
Nemanja Ćeranić se distingue par sa direction avec des scènes d’action intenses et une atmosphère lourde. Il y a un petit côté western dans ce qu’il nous propose.
Néanmoins la structure du scénario est assez basique et le récit se perd parfois dans des sous intrigues pas toujours simples à suivre. On est dans l’esprit d’un univers « Mad Maxien » avec une esthétique soignée, des décors imposants et des paysages en images de synthèse assez surprenants pour une production indépendante.
Ce qui n’empêche pas le film d’être assez long, et passablement ennuyeux avec son scénario un peu complexe qui aurait pu être réduit à une plus simple expression.
Malgré une narration stylisée et une construction d’univers très imaginative qui en fait une œuvre unique dans le cinéma serbe actuel, Sword of Vengeance ne décolle jamais vraiment et n’a suscité en moi que peu d’enthousiasme.
Note : 11 /20
Deuxième film du jour à mon programme à 18h45 :
LOVE KILLS de Luiza Shelling Tubaldini ( Brésil – 2025)
Marcos travaille comme serveur dans un café miteux du centre-ville de São Paulo, ravagé par le crack. Chaque soir, il sert un café noir à une mystérieuse inconnue qui hume l’arôme sans jamais y tremper ses lèvres. C’est parce qu’Helena préfère le sang, et le quartier de Marcos est son terrain de chasse. Mais, dernièrement, des intrus ont décidé de braconner son garde-manger et la défient ouvertement dans une guerre de territoire. Évidemment, Marcos ignore tout cela: il est juste fasciné par Helena, et il aimerait bien apprendre à mieux la connaître. Ses hobbys, sa couleur préférée, son groupe sanguin de prédilection, les trucs habituels, quoi… Alors, elle lui propose une nouvelle version de “Vis ma vie”, avec une plongée terrifiante dans les bas-fonds du monde méconnu des vampires, et ça risque d’être plus chahuté qu’un cours accéléré de samba…
On est ici dans une approche métaphorique du vampirisme, qui reflète les luttes d’identité et les traumatismes sociaux dans un cadre urbain.
Visuellement marquant, genre vidéo clip plutôt léché, le film explore le thème des intrigues immortelles dans une métropole ravagée.
Mais ce qui est sensé être une romance dramatique est très vite perçu comme souvent ridicule à tel point que les rires fusent dans la salle et se transforment très vite en fou rires devant certaines scènes improbables et à l’écoute de dialogues à côté de la plaque.
Le film oscille entre un coté trop démonstratif et une certaine forme de lenteur, ce qui n’arrange vraiment pas les choses et le rend par moment pénible à regarder. Quand aux comédiens, ils ne sont ni convaincants ni attachants.
A éviter.
Note : 08/20
Dernier film du jour à 20h45, une première mondiale en présence de l’équipe du film :
ODDITIES de Tyler Savage (USA – 2026)
Fêtardes invétérées, Rosie et McKenna ont clairement un style de vie qui ferait passer Johnny Depp pour un moine bénédictin. Mais, lors d’une soirée particulièrement chargée en substances diverses, elles tuent accidentellement l’associé d’un dealer local paranoïaque et prennent la fuite dans une bagnole remplie de cocaïne. Dans un éclair de sagesse, nos deux comparses se disent que c’est l’occasion ou jamais de tirer un trait sur cette vie de débauche et de tout recommencer à zéro. Avec un premier stop au fin fond de nulle part de l’Alabama, où une délicieuse tenancière d’un magasin d’antiquités leur propose “juste à manger et à boire, un peu de pain et de chaleur”. Vraiment dans l’esprit des Enfoirés, en fait. Sauf que cette gentille dame est plutôt dans le registre de l’enflure. Mais dans des proportions carrément bibliques…
Pas encore de trailer disponible pour le film, par contre voici le court métrage dont il est inspiré :
Oddities est un « thriller qui défie les genres » mêlant horreur psychologique, humour noir et tension pure.
Savage a su transformer son court-métrage de 15 minutes dont est inspiré le film en un récit de 89 minutes sans perdre en intensité. La performance d’Adrienne Barbeau, l’icône de l’horreur présente ce soir au BIFFF peut être saluée pour son interprétation étonnante de la propriétaire de la boutique d’antiquités à la fois accueillant et menaçante, où se réfugient les deux amies ayant tué accidentellement leur dealer. Sa première apparition à l’écran a d’ailleurs été chaleureusement applaudie par la salle.
Film d’une efficacité redoutable, Oddities est passionnant de bout en bout et dégage une tension constante dans une ambiance mystérieuse servie par un casting cinq étoiles qui outre Adrienne Barbeau met en vedette l’excellente prestation de la jeune actrice cubano-américaine Lilimar.
Avec sa fin inattendue qui marque les esprits, il ne serait pas étonnant que Oddities devienne un nouveau classique du genre dans lequel joue Adrienne Barbeau, au même titre que le sont The Fog, Le Couvent ou Creepshow.
Top !
Note : 18/20
Notons qu’avant la projection du film Adrienne Barbeau a été honorée par le BIFFF en étant adoubée Chevalier de l’Ordre du Corbeau (KNIGHT OF THE ORDER OF THE RAVEN).
Voici ce beau moment :
C’est fini pour aujourd’hui, on se retrouve dans le prochain numéro pour de nouvelles aventures cinématographiques dans la Gazette du Bifff .
Restez branchés !
Jean-Pierre Vanderlinden
(Je serai absent au BIFFF exceptionnellement ces 15 et 16/04, c’est mon collègue Malko qui vous tiendra au courant de l’actualité du festival avant mon retour le 17.)

