« Qui se ressemble s’assemble » et « Les opposés s’attirent », que croire alors? Le hasard d’une rencontre, le feeling et les attractions qui se font parfois naturellement, n’en déplaise à ceux qui vous considèrent comme des monstres alors que vous êtes simplement bien dans vos pompes. Mathilde Brosset sublime la rencontre de deux êtres qui ne voulaient pas entendre parler de ciseaux.
Résumé de Sac de noeuds par Pastel/L’École des Loisirs : Lui, c’est Simon. Vois-tu, au bout de ses doigts ? Ce sont ses ongles. Jamais il n’accepte de les couper. Grâce à eux, il démêle les nœuds. Quand il tend ses bras vers le haut, il sert de perchoir aux oiseaux. Un jour, il fait la connaissance de Maud, et de ses cheveux que jamais au grand jamais elle n’accepte de couper.
D’un côté Simon. Puis Maud. Puis les deux ensemble, enchevêtrés.
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Dans ce court album, qui va à l’essentiel dans le texte, mais fait de jolis détours dans ses illustrations, Mathilde Brosset prend du temps avec chacun de ses héros. En les voyant arriver de loin, on pourrait vite les cataloguer, selon les clichés, mais Simon, puis Maud sont de vrais humains derrière leurs ongles ou leurs cheveux sauvages.
Comme l’autrice a pu les approcher, elle nous en dresse le portrait touchant, poétique, dans les avantages mais aussi les inconvénients qu’offre leur style, leur particularité physique. Comme tout un chacun, en fait, mais oniriquement exacerbé ici. S’habiller est un parcours du combattant. Il y a du volume. Mais pour un supplément de douceur, la partition va bientôt associer la harpe de l’un et la trompette de l’autre.
Prétexte à des jeux graphico-poétiques, bien inspirés, avec ces ongles en spirales et ces cheveux en torrents, en cascades, cet album célèbre dans sa dernière ligne droite (tortueuse en fait), l’adéquation, la fusion de ces deux amoureux pas comme les autres. Tentaculaires. L’amour coulait de source mais le rapprochement physique fut compliqué. Mais maintenant qu’ils sont accrochés, cette belle histoire va durer, sans accroc. On ne juge pas, on apprécie la beauté de ce ballet, de ces gestes mesurés avant de se trouver.
À lire dès 3 ans, chez Pastel/L’École des Loisirs.

