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Juliette, le Whalll et les lapins !

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Juliette, autrice, compositrice et interprète était de passage au Whalll jeudi dernier pour un concert où il fut question de chanson française, et aussi souvent de lapins.

Juliette Noureddine est née à Paris en 1962.Très vite elle se mettra au piano sous le conseil de sa grand mère et fera ses études dans une institution religieuse, avant de se lancer dans un parcours de lettres et de musicologie. Musicalement, elle se produit alors dans des bars et cabarets en interprétant du Brel et du Piaf. Un style de chanson dont elle s’inspirera tout au long de sa carrière pour créer son propre univers.

Quand on écoute Juliette on pense indubitablement à des artistes comme Marie Paule Belle ou Alice Dona qui défendent une chanson française à textes plutôt traditionnelle, un style dont Juliette use à sa manière alternant chansons humoristiques ou graves sur des accompagnements assez atypiques, où règnent en maître le xylophone, le vibraphone, le buggle, l’accordéon, la contrebasse, le saxophone, le violoncelle ou la flûte.

Mais malgré ses propres qualités indéniables et un talent évident, Juliette ne possède pas la richesse d’interprétation qui animait la grande Juliette Greco, ni le génie rare d’une Barbara toujours adulée aujourd’hui à juste titre et même par la jeune génération.

C’est ce qui explique sans doute en partie que la chanteuse s’adresse à un public plus réduit que les deux icônes précitées mais qui encense son univers et la suit fidèlement, et que l’Auditorium du Whalll n’était rempli que d’un peu plus de quatre cent personnes pour cette date bruxelloise.

Ce soir là Juliette nous a proposé un florilège de titres diversifiés parmi lesquels on retrouve en autres Escaliers, Meteo marine, Dans le marc de café, La perruque, Le seigneurs des mouches, A carreaux !, La madone des clébards, Litanies du diable interprété en piano-voix et indiscutablement mon titre préféré, Poivrons – plutôt dispensable celui là et prétexte à un sketch tout aussi dispensable à mon sens -, La housse et la couette très représentatif de son univers où l’humour caustique et un peu désabusé tient une jolie place, et Deux chevaux durant lequel une petite 2CV téléguidée parcours l’avant-scène.

Deux reprises trouveront aussi leur place dans son répertoire du jour: Lames de Jean Guidoni, et Regarde bien petit de Jacques Brel.

En rappel Juliette nous chante Le congrès des chérubins suivi de La boîte en fer blanc, avant de terminer son récital avec sa version perso du très beau Après le Théâtre d’Anne Sylvestre, une jolie version, dont l’original trouve malgré tout plus grâce à mes yeux.

Un final de concert que les trois coups du bâton grenadier et l’éclat retrouvé de la servante (une lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir), ponctuent avec bonheur.

Une très jolie manière de conclure un spectacle qui se termine par une standing ovation du public.

Et les lapins alors me direz vous? Ils furent présents plusieurs fois dans le show et même dans la gestuelle des musiciens.

Mais pour savoir comment et pourquoi, il vous suffira tout simplement d’aller voir le spectacle de Juliette qui a visiblement ravi les afficionados de la dame aux cheveux crolés et aux petites lunettes rondes.

Jean-Pierre Vanderlinden

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