Site icon Branchés Culture

L’époustouflante scénographie de Ronald Beurms et le superbe travail vidéo de son frère Allan constituent l’écrin magistral d’un Crime de l’Orient Express très réussi joué actuellement au Théâtre Royal des Galeries

Publicités

Pour les septante ans de son existence, Le Théâtre Royal des Galeries nous propose un spectacle audacieux et de grande envergure avec la première mondiale de l’adaptation en langue française du Crime de l’Orient Express d’Agatha Christie. Un défi considérable proposé en remplacement de la sempiternelle Revue des Galeries en perte de vitesse et qui s’essoufflait fortement au fil des années.

Mercredi, jour de première au Théâtre des Galeries, et succès de foule évident, pas mal de monde ayant fait le déplacement pour assister à ce spectacle très attendu et prometteur.

Un train plein de suspects remarquables et un alibi pour chacun, c’est le mystère parfait pour Hercule Poirot, enquêteur atypique, rusé et belge ! Dans cette histoire tirée du célèbre roman d’Agatha Christie, Hercule Poirot prend l’Orient-Express pour rentrer d’Istanbul à Londres mais alors que le train se retrouve bloqué par la neige dans les montagnes yougoslaves, un meurtre est commis. Les passagers sont tous suspects et le célèbre détective se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. ( source Théâtre Royal des Galeries)

Dès le lever du rideau on se dit que ça commence bien, car l’enchainement vers le premier tableau où Hercule Poirot se trouve attablé dans un restaurant d’Istanbul augure d’un magnifique travail sur la scénographie. Il faut dire que celle ci a été confiée au talentueux Ronald Beurms un des maîtres du genre en Belgique, et que la mise en image est du ressort de son frère Allan, vidéaste lui aussi ô combien efficace et inventif.

Car ne nous leurrons pas, avec un scénario signé par la grande Agatha Christie, dont on connaît l’étendue du savoir-faire, et qui mène l’intrigue avec une maîtrise quasi mathématique, nous avons là un terreau magistral à mettre entre les mains de comédiens qui tout au long de l’histoire, de révélations en retournements de situations et coups de théâtre, nous entraînent dans une progression dramatique millimétrée, pour ne nous révéler la solution qu’avec une habileté quasi démoniaque.

Tout le casting de la pièce est excellent, chaque comédien ou comédienne ayant son rôle à jouer et représentant une pièce indispensable de cet immense puzzle que constitue l’intrigue, un puzzle reconstitué peu à peu par l’inénarrable Hercule Poirot. 

Le célèbre détective belge est interprété par Arnaud Van Parys qui fait dans la sobriété, et donne à son personnage un aspect moins caricatural que ne l’est le personnage original décrit dans les romans de Christie.

Autour de lui on retrouve Catherine Conet, Laura Fautré, Margaux Frichet, Mathilde Bourguet, Cécile Van Snick, Bruno Georis, David Leclercq, Jef Rossion et Robin Van Dyck, tous aussi convaincants les uns que les autres.

Mais ne nous y trompons pas, le véritable atout de la pièce, le personnage principal à part entière qui sublime cette création originale c’est l’Orient Express lui même, ce train mythique formidablement reconstitué dans les moindres détails par la scénographie phénoménale et très cinématographique (ah ces zooms des décors qui avancent vers le public !) signée Ronald Beurms, sans laquelle le spectacle n’atteindrait pas ce degré de perfection visuelle qui nous enchante tout au long de cette représentation théâtrale de haut vol.

Il faut bien sûr aussi y associer le travail visuel d’Allan Beurms, la musique très réussie de Laurent Beumier , les costumes magnifiques créés par Françoise Van Thienen et Sophie Malacord, les lumières de Félicien Van Kriekinge,  et last but not least la mise en scène tirée au cordeau de Fabrice Gardin.

Cette association de compétences, et le choix dont on ne peut que se féliciter qu’a fait Le Théâtre Royal des Galeries d’acquérir les droits de cette pièce adaptée par Ken Ludwig et traduite en français par Gérald Sibleyras, contribuent à cette belle réussite théâtrale qui constitue un incontournable spectacle à voir absolument jusqu’au 21 janvier 2024.

Mesdames, Messieurs, Chapeau bas !

Jean-Pierre Vanderlinden

Quitter la version mobile