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Dream Job(s), le monde du travail impitoyable signé Alex Lorette

(c) Hubert Amiel

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De jeunes adultes confrontés au monde professionnel impitoyable des adultes, tel est le thème de Dream Job(s) joué actuellement au Rideau de Bruxelles.

(c) Hubert Amiel

Dream job(s), c’est le parcours de jeunes adultes vivant·e·s et plein·e·s de désirs, à peine entré·e·s dans la vie professionnelle.
Chloé a étudié l’archéologie et se passionne pour l’art optique et les mosaïques. Mélina, son amie d’enfance, enchaîne les opérations chirurgicales et n’a qu’un souhait : croquer la vie à pleines dents ! Fred, le petit ami de Chloé, est DJ et rêve de succès. Tony, son copain de toujours, travaille comme chauffeur-livreur pour une grande boîte de distribution. En parallèle, Paul, un ambitieux jeune homme, se fait coacher par Sonia, experte en ressources humaines. Chloé, trait d’union entre ces différents personnages, peine à vivre de sa passion : d’un licenciement à l’autre, de petit job en petit job, d’illusion en désillusion, elle est finalement reclassée dans l’entrepôt d’une grande boite de distribution. Soumise à un rythme de travail effréné, n’épargnant ni elle ni ses proches, elle est poussée dans ses derniers retranchements. ( source: Le Rideau)

Cette pièce écrite par Alex Lorette dénonce un monde du travail impitoyable qui mène la vie dure aux jeunes plein d’espoir et d’illusions qui y sont confrontés et broyés jusqu’au drame.

(c) Hubert Amiel

Joué à même le sol dans un décor réduit à sa plus simple expression, deux tables et quelques chaises montées sur roulettes, le spectacle est axé sur une série de flash-back et trouve sa particularité dans l’environnement musical qui le porte interprété en live par les comédiens eux mêmes. Les six comédiens passent en alternance de la guitare à la batterie et au synthé en passant par la basse et le saxophone.

L’auteur dénonce un système économique cynique et impitoyable basé sur le rendement et la productivité, sorte de nouvel esclavage moderne prenant en otage une jeunesse crédule et malléable prête à tout pour toucher du doigt leur rêve, qui est bien loin d’un travail souvent pénible , peu intéressant, harassant et la plupart du temps bien peu rémunéré.

(c) Hubert Amiel

En ce qui concerne les comédiens, que ce soit la séduisante Bénédicte Chabot ou Pierre Martin-Bànos (fameux batteur !), Sarah Ber qui joue Chloé, Elfée Durşen, le toujours excellent et talentueux Fabian Finkels, ou Jérémie Zagba, ils s’acquittent tous de leurs rôles respectifs avec une belle conviction et délivrent une performance musicale plus que convaincante.

(c) Hubert Amiel

Néanmoins la pièce enfonce à outrance des portes ouvertes sur un thème mille fois exploité, et donne par là même une impression de déjà vu, et de plaidoyer anti système un peu simpliste, réduisant le monde du travail à une jungle cruelle dans laquelle les protagonistes se débattent sans en retirer aucun plaisir, allant même jusqu’à la destruction d’eux-mêmes. Ce qui est assez simpliste comme parti pris, et plutôt sombre et pessimiste comme vision d’avenir pour une jeunesse qui aurait plutôt besoin d’incitants positifs pour affronter la société actuelle bien moins rose que ce qu’ont connu les générations de leurs parents et grands parents.

En cela la pièce est souvent d’un pessimisme envahissant et peu réjouissant, où l’humour ne pointe que timidement son nez via un cynisme malaisant.

Après chacun trouvera en Dream Job(s) son ressenti personnel, et au vu des gradins bien garnis, la pièce a certainement de beaux jours devant elle. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Jean-Pierre Vanderlinden

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