On a une bonne et une mauvaise nouvelle, par laquelle commence-t-on ? Les deux en même temps: on va vivre mais on va aussi mourir. On va rire mais aussi pleurer. Et pourquoi faudrait-il faire l’économie de ce constat devant les enfants ? Ne faudrait-il pas mettre les choses à plat et en beauté avec eux pour les libérer d’un poids ? Pas naïfs du tout, voilà deux livres jeunesse, au parti pris graphique, qui nous entraînent dans le monde des animaux sauvages ou d’élevage, prédateurs ou proies, mais attachants. Au programme : Renarde d’Isabel Thomas et Daniel Egnéus et La Bouse de Philippe Jalbert.
Renarde
Résumé de l’éditeur : Dans la forêt silencieuse, la vie s’agite derrière les arbres, sous les feuilles, au fond d’un terrier. Au fil des saisons, suis la renarde et ses petits. Regarde-les grandir, observe-la chasser. Jusqu’à ce qu’un jour, hélas, la mort vienne frapper. Mais l’histoire est-elle vraiment terminée ou ne fait-elle que commencer ?
Sous le sous-titre Une histoire sur le grand cycle de la vie, Isabel Thomas et Daniel Egnéus ne pouvaient mieux dire. Dans la forêt jamais trop profonde que pour effacer les bruits et les dangers répandu par l’humanité, les auteurs laissent verdure, feuilles mortes aussi, au gré des saisons, pour suivre le destin d’une petite meute de renards. Une famille : la maman et les enfants.
Pas le temps de gémir, un peu pour s’amuser dans des jeux turbulents, il faut déjà apprendre à vivre. Et qui dit vivre, dit survivre, se nourrir. Pas d’hôtel, pas de plats à emporter, il faut faire le sale boulot tout seul, chasser les plus petits que soi. Trouver ou avoir chaud quand l’hiver se profile aussi. La vie d’un renard est bien remplie, vous savez.
Dans des couleurs allant de l’immaculer au feu de circonstance, les deux auteurs livrent un formidable documentaire à hauteur de ceux qui ne dépassent pas trois pommes. C’est mignon mais aussi cruel, sans rien édulcorer. Renarde, c’est le livre qui vous transporte instantanément, qui sollicite tous les sens, pas que la vue, dans l’imagination et l’épaisseur réaliste (et pourtant interprétée) qu’a trouvé Daniel Egnéus pour habiter ces lieux et suivre, de manière privilégiée, les seigneurs de ces bois. Qui peuvent être bien vulnérables face à plus fort qu’eux. Mais qu’on croie ou pas à l’au-delà, par les principes de la biologie, ils prouvent qu’il y a de la vie, beaucoup, après la mort. Fabuleux.
La Bouse
Résumé de l’éditeur : Les mésaventures d’un petit coq vantard et têtu qui s’obstine à vouloir s’envoler au cœur du plus froid des hivers. Celui qui vous met dans la bouse ne vous veut pas nécessairement du mal. Celui qui qui vous sort de la bouse ne vous veut pas nécessairement du bien. Mais, dans tous les cas, quand vous êtes dans la bouse, évitez de chanter ! Telle est la morale de cette histoire à l’humour malicieux.
Chicken run, chicken run, c’est bien mais si ça vole, c’est encore mieux. Alors qu’un bon gros manteau blanc emmitoufle de froid la campagne environnante, Coq n’a pas mis longtemps avant de se rendre compte qu’il n’était pas vraiment fait pour les sports d’hiver. Alors, plutôt que de se les cailler comme les autres poules mouillées, et bientôt gelée, il a décidé de s’envoler vers les îles, Coq-omo pourquoi pas, ou du moins retrouver le soleil et des températures plus caliente. Comme les oiseaux migrateurs, un peu tard il est vrai.
Mais, bon, comme Eddie The Eagle, Coq ne s’avoue pas vaincu et redouble d’efforts pour décoller. Dans un ramdam d’enfer, car il a sa fierté. Quitte à attirer son propriétaire, le bon fermier, mais aussi non pas le renard présenté ci-dessus mais le loup ! Une bouse bien chaude le sauvera-t-il d’une prise de bec en gueuleton ?
Dans un format à l’italienne, Philippe Jalbert fait détonner le paysage immaculé avec son croq’n’roll d’anti-héros. Dans l’hiver, il n’y a pas de douceur, et la cruauté d’un monde qui ne fait pas de cadeau (même à l’approche de Noël) est bien plus proche qu’Ibiza ou Acapoules-co. Ne réalisant que des doubles-pages et ne faisant vivre l’action que par des plans de coupe (à quelques exceptions près), l’auteur réussit une fable pas consensuelle, soumise à la loi du plus fort (et plus futé), mais très efficace et rigolote malgré le peu de cas qui est fait du coq à la fin. Ou à la faim de loup.
Livre Jeunesse
Texte : Isabel Thomas
Illustrations : Daniel Egnéus
Traduction : Aurélie Desfour
Genre : Animaux, Documentaire, Vulgarisation
Public : Dès 3 ans
Éditions : Quatre Fleuves
Éditeur VO : Bloomsbury
Nbre de pages : 48
Prix : 12,90€
Date de sortie : le 24/02/2021
Extraits :
Livre Jeunesse
Texte et illustrations : Philippe Jalbert
Genre : Animaux, Humour
Public : Petite enfance
Éditions : Quatre Fleuves
Nbre de pages : 40
Prix : 11,90€
Date de sortie : le 24/02/2021
Extraits :

