Qu’est-ce qu’une vie quand elle a perdu de l’étoffe des héros? Que les étoiles ont usé les rétines qui les ont trop regardées mais que la mémoire garde leur souvenir lumineux mais peu à peu estompé. C’est difficile de voir le temps et les années-lumière passer et de quitter la voûte céleste pour retomber, platement, s’échouer à terre, prisonnier de sa condition humaine et de la vieillesse ennemie.Le dernier été, la dernière semaine, le dernier jour de l’astrophysicienne Gerda Wendt arrive en BD. L’intimité au télescope, avec pudeur et refus de la morosité, ode à l’amour et au chérissement de nos aînés.
Résumé de l’éditeur : Sans aucun pathos, Une vie comme un été retrace la vie de Gerda Wendt, alternant entre ces derniers jours en maison de retraite et les grandes étapes de sa vie : petite fille brillante à l’école, jeune femme passionnée d’astrophysique, scientifique devant faire un choix entre sa carrière et sa vie de couple…
D’accord, ce n’est pas le concept le plus original, que ce soit à l’écran ou en littérature. Un vieillard qui se souvient de sa plus ou moins longue existence, on en connaît, on en a vu à l’oeuvre. Mais dans les mots de Thomas Von Steinaecker (traduit par Paul Derouet) mis en dessin et en valeur par Barbara Yelin, il y a quelque chose d’infiniment touchant, d’universel et de profond, de beau et de joyeux. Pas si triste et nostalgique qu’il pourrait y paraître.
En quinze chapitres, Barbara Yelin s’approprie graphiquement la vie et les derniers jours de cette astrophysicienne clouée au sol avec uniquement sa tribune comme vaisseau spatial. L’esprit va plus vite que le corps et la mémoire n’est pas encore ankylosée, ce qui lui permet de filer à la vitesse de la lumière pour faire émerger quelques moments-clés de la vie exceptionnelle de Gerda Wendt, des moments tragiques mais aussi d’intense bonheur.
C’est un album tout en contraste que la dessinatrice nous offre comme un cadeau de la vie, tirant vers la nuit et sa beauté, parce que c’est elle qui permet de voir les étoiles, qui éclairent les chemins les moins évidents et les plus effrayants. Parce que la nuit n’est pas une fin en soi !
Récit complet
Scénario: Thomas Von Steinaecker
Dessin et couleurs : Barbara Yelin
Traduction : Paul Derouet
Genre : Biographie, Drame
Éditeur : Delcourt
Nbre de pages : 80
Prix : 15,95€
Date de sortie : le 29/08/2018

